dimanche 5 août 2012

Le CNC Viol le droit d'expression des Gabonais, en application des lois iniques, il suspend des médias libres "La Une" et "Ezombolo"




La mise en place et l’application des lois iniques qui violent les droits du peuple gabonais, à l’expression de ses opinions, à sa liberté de manifestation, la criminalisation des manifestations sociales, est une fois de plus un acte totalitaire d'une dictature aux abois. Je m’élève contre ces lois qui abrogent toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. J'estime que le peuple a le droit de violer ces lois iniques et injustes, car ces lois sont faites pour violer ses droits. Aussi je lance un appel à l'endroit de ces journaux pour qu'ils ne s'abaissent pas devant les injonctions d'une institution aux ordres d'un pouvoir politique tyrannique.

Chers visiteurs

La liberté d’expression est un préalable à tout système démocratique. Elle ne peut être limitée que par la loi. Or, sous le régime des Bongo la censure n’est pas une décision judiciaire faisant suite à la commission de crimes ou de délits, mais une simple décision administrative à caractère évidemment politique. En effet aucun juge d’instruction n’a jamais été en mesure d’établir le délit et de saisir le Tribunal. 

Le Conseil National de la Communication (c’est-à-dire le juge administratif et non pas le juge pénal) interdit les médias libres en raison du trouble à l’ordre public suscité par la polémique autour des actes illicites posés par les membres du régime Bongo. Le délit de diffamation, de trouble à l’ordre public sont du domaine du juge pénal et non du juge administratif, le CNC n’est donc pas fondé de statuer sur la liberté d’expression des gabonais. En effet l’article 94 de la Constitution de la République gabonaise stipule que le Conseil national de la communication (CNC) est chargé de veiller, entre autres «au traitement équitable de tous les partis et associations politiques», au «respect des statuts des professionnels de la communication», à «l’harmonisation des programmes entre les chaînes publiques de radio et de télévision», «à la protection de l’enfance et de l’adolescence dans la programmation des émissions diffusées par les entreprises publiques et privées de la communication audiovisuelle» ou à «la défense et à l’ illustration de la culture gabonaise», Il n'est nullement chargé de se substituer au juge pénal.

Les interdictions administratives successives au Gabon au cours des six dernières années illustrent l’incapacité du régime des Bongo à répondre à la contradiction autrement que par la censure et la propagande, et son renoncement aux principes fondamentaux de la démocratie. Ces interdictions administratives de télévisions et médias libres visent à l’évidence à empêcher les citoyens gabonais de prendre connaissance d’un point de vue particulier sur la gestion de leur pays, alors même qu’un débat est ouvert sur de possibles implications des politiques et mesures anachronique du gouvernement des Bongo. En ce sens, elles contreviennent aux résolutions 381 et 819 de l’Assemblée générale des Nations Unies, lesquelles font obligations aux États membres de « supprimer les obstacles qui empêchent les peuples de procéder au libre-échange des informations et des idées, condition essentielle de la compréhension et de la paix internationales. »

La légitimité du pouvoir d’Ali Bongo ne repose pas sur un mandat populaire, mais sur le soutien affiché par le système médiatique, une armée prétorienne et la droite de Sarkozy. Un régime pré-démocratique, où la classe dirigeante s’appuie sur son dispositif d’influence pour désamorcer la contestation par l’intimidation, la menace et la terreur et faire accepter à une majorité, des lois qui ne seront, en définitive, favorables qu’à une minorité. Les apparences démocratiques sont sauves, notamment les scrutins électoraux, partant du principe que le camp contrôlant les mass-médias et subventionnant la classe politique bénéficie d’un avantage décisif.
Précisément, du point de vue de l’oligarchie, l’objectif est de prévenir la reconstitution des forces qui avaient fait triompher le peuple en 1990. Pour y parvenir, sa priorité tactique est de s’assurer que seuls les partisans du système sont les seuls à pouvoir exploiter les médias. Ils s'assurent ainsi, un bâillonnement du peuple gabonais.

Devant tant despotisme, j'apporte mon soutien aux journaux Ezomblo et la Une. Ils peuvent trouver sur ce blog un relais pour diffuser leurs articles.


A ce propos je publie ici le communiqué du Front des indignés:


Le vendredi 3 août, le Conseil National de la Communication (CNC) a décidé de suspendre La Une et Ezombolo pour une durée de six mois. Selon le CNC, ces deux journaux « menacent gravement l’ordre public », violent « l’ordre constitutionnel établi » en lançant un « appel à l’insurrection » pour avoir critiqué le président de la République, le premier ministre et le président sortant de la Commission de l’Union Africaine.


Cette suspension est la suspension de trop. Elle survient de façon arbitraire alors que, sans être inquiétée, à chacune de ses parutions, la presse pro-présidentielle diffame et injurie systématiquement des compatriotes et traine dans la boue toute forme de contestation, le quotidien L’Union n’hésitant pas à insulter des diplomates et membres de gouvernements étrangers, et La Griffe à injurier et caricaturer, entre autres, l’archevêque de Libreville, première autorité morale du Gabon qui n’est pourtant pas réputé pour son engagement contestataire.


La société civile gabonaise dénonce cette volonté de mettre en coupe réglée notre presse libre. Elle réaffirme sa détermination à défendre ses libertés d’opinion, d’association et d’expression.


Elle met en garde le pouvoir politique contre son réflexe totalitaire qui méprise nos aspirations, ainsi que nos droits et libertés fondamentaux. Ce n’est pas en interdisant les rassemblements, l’expression libre et la contradiction qu’il pourra s’imposer. Même par la force.


Le respect des institutions implique que ces dernières respectent d’abord le citoyen. Tant que le pouvoir d’Ali Bongo et ses valets s’entêteront à nous considérer comme de grands enfants qu’on mène à la baguette, nous ne le reconnaîtrons jamais comme quelque autorité que ce soit. Tant qu’il nous considérera comme les sujets d’un despote qui a pour seule légitimité un héritage dynastique, il trouvera des citoyens engagés résolument à prendre leurs responsabilités afin de conquérir la souveraineté et le respect qui leur sont confisqués. Par conséquent, nous invitons solennellement les responsables de La Une et d’Ezombolo à ne pas se soumettre aux décisions arbitraires d’une Institution aux ordres.


De fait, nous proclamons solennellement notre résistance et notre détermination à lutter sans relâche pour reconquérir notre dignité de citoyens libres, quoi qu’il nous en coûte.


Fait à Libreville, le 4 aout 2012


Pour le Front des Indignés


Le porte-parole

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