lundi 25 avril 2022

La profondeur stratégique de Poutine contre l'endiguement occidental.

J'ai déjà développé sur cette plateforme le combat entre la stratégie d'endiguement de la Russie prônée et exécutée par les occidentaux et leurs alliés contre la stratégie de la profondeur stratégique opposé par la Russie. Je prédisais que la seconde l'emportera sur la première à cause des divisions internes prévisibles du fait des intérêts divergents des états partie du bloc occidental mais aussi de l'impossibilité des pays du monde contre un pays aux dimensions continentales et aux ressources titanesques, bien enviés par chaque protagoniste. 
Aujourd'hui le moins que l'on puisse dire c'est que la stratégie de Poutine "la profondeur stratégique" est en train de triompher au grand désarroi de ses ennemis occidentaux: 

1/ la monnaie, le rouble que les occidentaux prévoyaient l'effondrement, a repris sa valeur d'avant la crise. Mieux que jamais auparavant. 

2/ les occidentaux sont contraints de verser par des mécanismes financiers divers 800 millions de dollars par jours pour l'achat du pétrole et du gaz russe. 

3/ le "cordon sanitaire" occidental érigé pour mettre en place l'embargo contre le pétrole et le gaz russe se délite. 

4/ les armes fournies ne changent pas la donne sur le terrain militaire. Pire celles ci tombent entre les mains des russes et ses alliés qui les réutilisent contre leur protégés. 

5/ les sommes énormes versés, aussi bien en dons,aides ou crédits,  vont directement remplir les comptes bancaires des oligarques ukrainiens. Au point où une chasse timide du régime de Kiev contre ces oligarques est engagée. 

6/ les pertes territoriales sont énormes. L'Ukraine risque à terme d'être privée de son accès à la mer noire. La connexion  territoriale entre la Crimée et le Dombass étant établie par la perte de l'importante et stratégique ville portuaire de Marioupol. Privant du coup l'Ukraine l'accès à la mer d'Azof. 

7/ la fameuse guerre économique  totale et rapide est en train de se retourner contre les initiateurs. L'inflation monte de façon exponentielle, le prix de l'énergie et des biens de première nécessité grimpent au point de précariser les ménages.

8/ Les principales monnaies ($,€,£,¥) naguère achetées pour servir de réserves de change dans le commerce international perdent progressivement leur valeur fiduciaire au profit du Yuan chinois. Pire, la hantise du système monétaire occidental, la valeur de toute monnaie attachée à l'étalon d'or se met progressivement en place. Les occidentaux ne devraient bientôt plus vivre au-dessus de leurs moyens et le reste du monde en dessous de leurs moyens. 

9/ les votes clairsemés à l'ONU ont démontré que l'Occident (US, UE, UK, et leurs PARL Japon, corée du sud, Taïwan) sont seuls contre le reste du monde malgré le chantage et les menaces contre ces pays au cas où ils ne votent pas pour les positions. 

10/ il y a une nouvelle transformation du monde et un changement de pôle monopolistique occidental vers un environnement multipolistique. L'Eurooe n'est plus la destination de référence pour les hommes  et femmes d'affaires mais l'Asie et principalement les pays émergents dont la Chine constitue le socle économique et financier et les E.A.U. au moyen-Orient.
Last but not least les politiques anti migratoires occidentales ont achevée de convaincre le reste du monde sur le caractère xénophobe et impérialiste de l'Europe. 

Devant ce changement l'africain doit saisir la balle au rebond pour affirmer son indépendance et sa souveraineté pour se choisir sa propre voie.

samedi 9 avril 2022

Le colonialisme est un crime contre l'humanité.

Le colonialisme est un crime contre l'humanité. Il y a dans cette illustration à gauche tous les pays qui ont asservi et colonisé les autres peuples des pays à droite. 
Contrairement une idée reçue les pays occidentaux ne sont pas là pour le bien des peuples mais pour assurer l'hégémonie d'une oligarchie capitaliste mondiale au détriment des peuples. Pour cela ils n'hésite pas à commettre les pires crimes que l'humanité n'a connu.

jeudi 17 mars 2022

La stratégie de l'endiguement contre la profondeur stratégique

La profondeur stratégique se résume  en trois points:
1/ laisser l'ennemi avancer jusqu'à ce qu'il soit épuisé par sa propre tactique. 
2/ Reculer suffisamment loin hors d'atteinte au point où l'ennemi affaibli ne pourra plus avancer au risque de s'autodétruire.
3/ lancer la contre attaque et détruire l'ennemi déjà affaibli.
Les ennemis de la Russie, au cours de l'histoire, ont toujours eu la naïveté de croire a sa faiblesse parcequ' elle reculait.  Mais ils sont tombés dans le piège et ont tous perdu.
L'Allemagne nazie en a fait la triste expérience en perdant l'essentiel de son armée de plus 2,6 millions d'hommes au front Est.
La guerre économique que l'Occident livre à la Russie est confrontée à cette stratégie qui n'a pas de chance d'aboutir au risque de mettre en péril leur propre économie,  l'économie mondiale et des désordres sociaux politiques économiques et financiers qui entraîneront faillites et famines dans plusieurs pays.
La stratégie dite de "profondeur stratégique" suppose que l'on a suffisamment de la marge économique et financière en ce qui concerne la guerre économique mais également une superficie assez large pour reculer au point de décourager l'adversaire d'avancer en ce qui concerne la guerre proprement dite. 
Dans le cas de la Russie,  elle a une marge de deux ans quand certains de ses ennemis n'ont que deux mois. Ces derniers ne peuvent donc pas continuer la guerre économique totale au-delà de deux mois et encore moins tenir pendant deux ans. C'est la perte assurée. 

La stratégie de l'endiguement est aussi bien géographique qu'économique,  financière et politique.
Géographiquement elle vise à encercler l'ennemi en parsemant dans les pays frontaliers de l'ennemi visé des armes offensives et défensives qui rendraient nulles toute capacité offensive ou défensive l'ennemi. La porosité des frontières et les désistements des pays frontaliers alliés peuvent constituer des entraves à la mise en œuvre de cette stratégie. Beaucoup des pays frontaliers préfèrent le bon voisinage qu'une guerre larvée avec le voisin et dont le bénéfice est pour des pays très éloignés du théâtre des opérations. 
Du point de vue économique, politique et financier, la théorie de l'endiguement vise à isoler l'ennemi, détruire son économie et appauvrir son peuple. Il faut donc mobiliser largement les pays, le système d'échanges financiers, les fournisseurs et les acheteurs,  les fabricants,  les transporteurs, les systèmes bancaires,  les créanciers,  les organisations internationales et nationales, les médias pour la guerre de communication et d'intoxication, les hommes politiques, les religieux, les élites, ...,  tout ça par le chantage actif ou la corruption au besoin.
L'endiguement politique économique et financier total n'est pas possible à 100 %.  Il n'est pas réaliste de croire que sur 193 pays que compte la planète 192 vont se liguer contre un pays et le mettre au ban des nations. Cela est d'autant plus difficile que ce pays n'est autre que la Russie qui est acteur incontournable en matières premières et pèse lourd dans la fourniture du blé et de l'énergie. 

Les deux stratégies qui sont mises en œuvre par le camp occidental atlantiste y compris le Japon,  la Corée du sud, Taïwan, l'Australie et vassaux d'une part et d'autres pays les eurasiatiques Russie, Chine, Inde,  Corée du nord et alliés divisé le monde en deux.
Cette situation fait que la stratégie d'endiguement ne peut être efficace pour atteindre ses fins. Elle est donc vouée l'échec à  terme. Elle ne peut-être efficace qu'à court terme mais aucun pays ne peut supporter le cordon sanitaire de l'endiguement quand ses propres intérêts voir sa survie est en jeu. La violations des multiples embargos est la preuve la plus visible de l'inefficacité de cette stratégie quand elle est appliquée à un grand pays comme la Russie. 

mercredi 11 août 2021

Le nerf de la guerre

C’est beaucoup plus compliqué de chasser un tyran en pensant le faire dans argent!

Déjà le silence est d’or... 
Raimondo Montecuccoli disait: 
"Pour faire la guerre, il faut 3 choses: 
1/ de l’argent.
2/ de l’argent,
3/ de l’argent." 
Machiavel à l’inverse constatait dans «Le Prince»
que «les mercenaires ont gagnés tous les combats qu’ils n’ont pas livrés>>.
Vaste débat.
Mais la seule guerre qui est intéressante c’est L’AMOUR!
Et la quand c’est gratuit, c’est la qu'elle vaut la peine d'une dépense... d'énergie.

Note: Montecuccoli était un général et théoricien militaire au 17 siècle en Italie.

Bonne journée 

mercredi 16 septembre 2020

Mbourantsouo passible de la haute cour de justice pour haute trahison forfaiture et fraude à la loi fondamentale

Les palabres du corps de garde 

Gabon, les archives historiques de l'élection présidentielle du 27 août 2016 parlent et parleront toujours:
Le cas d'un excellent article écrit par  M. Jules Aristide BOURDES-OGOULIGUENDE  (JABO), ancien président de l'Assemblée nationale, intitulé :
"Le réquisitoire de JABO avant de s’en aller..."

"La Cour Constitutionnelle, pour des raisons qui sont propres à sa Présidente, après avoir obtenu du Candidat Jean Ping le dépôt d’ un recours contentieux auprès de la Cour Qu’elle préside, relayant ainsi une  demande exprimée par les chancelleries occidentales à Libreville et la Communauté Internationale qui n’avaient aucun doute sur l’issue de ce contentieux, a finalement refusé de procéder à son examen. C’était une obligation légale.  Elle a été plus encline à donner suite à l’examen d’une demande conventionnelle du Camp d’Ali Bongo, l’autre candidat impliqué dans le contentieux électoral, mais qui ne présentait aucun recours ! La validation de cette procédure par La Présidente de la Cour Constitutionnelle est illégale, voire scélérate. On comprend mieux son refus quant à l’assistance proposée par les experts africains et internationaux mandatés par la Commission de l’Union Africaine et l’Organisation de la Francophonie. 
Les rapports de ces Institutions auxquels il faut ajouter ceux de la Mission d’observation des élections de la Commission de l’Union Européenne et du Parlement Européen ont tous fait état de la nécessité du recomptage des suffrages exprimés dans la Province du Haut Ogooué. Dans cette Province, des cas de fraude ayant été révélés au grand jour et les acteurs mis à nu, il convenait de montrer la vérité des urnes et dire le Droit. Ce qui n’a pas été fait pour des raisons extra juridiques. L’appartenance de la Présidente de la Cour Constitutionnelle à la  province concernée qu’elle a en partage avec un des candidats, président sortant et de surcroît, unis tous deux par des liens familiaux incontestables, constituaient des cas manifeste de conflit d’intérêt qui auraient dû contraindre celle-ci à se démettre parce qu’un cas de conscience se posait à elle. Le soupçon de fraude et de parti pris étant manifeste et l’honneur entaché de la Présidente de la Cour lui commandait cette attitude de dignité. Elle a estimé ne pas être tenue à une réserve honorable ! Ce constat fait ainsi que la faute technique et morale qui a consisté à annuler les élections dans une vingtaine de bureaux de vote dans le 2ème Arrondissement de Libreville conduisant à priver le candidat Jean Ping de plus de 10 000 suffrages , sans appeler à l’organisation d’élections partielles tel que le lui commande la Constitution dont elle est le garant, est une violation flagrante et délibérée de celle-ci. Si par hasard le Gabon était un état de droit, il s’est à l’occasion transformé en dictature du système Judiciaire où la Présidente d’une Institution Judiciaire, la plus haute en matière constitutionnelle, dont les décisions et jugements sont sans appels, a délibérément violé la loi ainsi que son propre serment. Il y a un qualificatif à cette situation : forfaiture et trahison. Tous deux passibles de la Haute Cour de Justice de la République !  En sortant du rôle que la loi lui assigne pour s’immiscer dans la sphère politique, elle a fait preuve de partialité. Elle n’a plus agi au nom du Peuple Gabonais. Elle s’est fourvoyée en s’arrogeant le pouvoir d’agir à la place du Peuple. Elle a proclamé l’élection d’un candidat non plus  sur la foi des suffrages incontestables exprimés dans les urnes et attestés par des procès-verbaux originaux tels que transmis par les responsables des bureaux de vote, mais sur la base de résultats doublement manipulés. D’abord par l’administration territoriale dans le Haut Ogooué et la CENAP puis par l’Institution dont elle a la charge qui a entériné les tricheries et manipulations constatées dans cette province. Ceci  avant de poser un acte lourd de conséquences en annulant des suffrages dans la province de l’Estuaire, prétextant des tricheries que nul autre qu’elle-même n’a observé. Dire qu’il est impossible d’annuler des résultats déjà actés par des Institutions manipulées, c’est faire loi de la turpitude et de l’infamie. L’annulation de l’élection présidentielle au Kenya par la Cour Suprême de ce pays, alors qu’elle était déjà proclamée par une Commission électorale, est un fait inédit qui démontre que l’on ne saurait donner la primauté d’une quelconque manipulation ou erreur matérielle ou technique sur le Droit et la Constitution. Cette situation permet de relever la qualité des responsables qui malgré de nombreuses pressions et intimidations de toute sorte ont su faire honneur à leur fonction et se montrer à la hauteur de la situation. Quand le Président de la Cour Suprême du Kenya, le Sieur……  estime n’être soumis qu’à Dieu et à la Constitution, la Présidente de la Cour Constitutionnelle du Gabon s’arroge le Pouvoir de Dieu et de la Constitution. En faisant allégeance à un homme, une famille, un clan, une Province. Voilà la différence ! Certains disent vouloir tourner la page. Ils estiment que les élections sont passées et c’est tourner la page qui devrait garantir la paix dans notre pays. Ils se trompent lourdement et font fausse route ! Jamais la paix ne se construit en violant la Constitution ! On ne construit pas la Paix en posant des actes de guerre contre la Constitution ! Ce n’est pas en devenant Dieu et le Peuple que l’on construit la Paix. Le mépris de la Constitution, le mépris du peuple par le non-respect de l’expression de sa souveraineté est un acte de guerre qui ne conforte aucune paix ! Les agissements peu orthodoxes des Institutions de la République, Les actes de barbarie et les tueries perpétrés par des forces armées aux ordres non plus de la République, mais mises au service d’un homme, sont des actes de guerre, ils détruisent Paix civile et  Cohésion de la Nation ! Le Peuple gabonais n’est pas en guerre. Des dirigeants et politiciens aux petits pieds veulent l’y entrainer !  La mauvaise gestion de cette situation postélectorale et l’organisation sur commande d’un surréaliste dialogue politique  sans objectifs stratégiques d’envergure ne peuvent pas aboutir à ce qu’ils appellent « tourner la page ». Ce qui leur a été rétorqué à la commission des Droits de l’Homme des Nations Unies est d’une vérité aveuglante et constitue, face à cette politique brouillonne et sans fondements un cinglant et honteux désaveu. « Faut-il encore avoir lu la page avant de la tourner ! » Rien de moins !!!! D’ailleurs, seul un élève débutant de classe maternelle tourne les pages de son livre de coloriage sans les lire ! Les éléments qu’on leur demande de lire sur la Page sont mentionnés ci-dessus. Il ne s’agit pas de raconter ce que veulent entendre des hommes politiques sans consistance intellectuelle et qui parlent de sujets hors de propos face aux problèmes fondamentaux qui ont conduit à cette situation incroyable. Ils ne font que  révèler l’incurie, l’incompétence et la friabilité des convictions d’une bonne partie de la classe politique gabonaise. Celle qui n’est mue que par la recherche de son intérêt personnel présenté abusivement  et sans vergogne comme la volonté du Peuple ! En quoi la non limitation des mandats présidentiels peut-elle être présentée comme une avancée démocratique. On parle de consensus ? Entre quels acteurs ? Une élection à deux tours, la modification de la dénomination de la CENAP, constitueraient des avancées de la Démocratie ? En quoi ces faits seraient-ils de nature à calmer une population de citoyens flouée dans le choix de ses dirigeants ? Comment une population traumatisée par une agression armée dans le Quartier Général d’un candidat sorti vainqueur par la volonté des urnes peut-elle être rassurée et retrouver une paix qu’on lui dénie chaque jour qui passe ? 
Est-ce que ces accords apportent une réponse aux familles sur leurs disparus et les morts escamotés ?  Qu’en est-il des opposants et des autres jeunes manifestants toujours emprisonnés ? Les forces armées constituent le bras séculier de la République.  Elles ont été transformées en une milice armée. Plus rien ne se fait sans que le peuple qui agit à mains nues ne soit en butte à ces éléments armés jusqu’aux dents. C’est dans ce contexte qu’à bout d’arguments et face à une résistance de la diaspora qui ne faiblit pas et celle de l’intérieur qui tente de s’organiser dans un environnement difficile et périlleux, que le Pouvoir organise la répression face à ceux qui refusent de se soumettre à son diktat : Reconnaitre un régime illégitime et en mal de reconnaissance internationale ! Ce que nous leur disons, c’est : Lisons le contenu ensemble et corrigeons-le s’il y a lieu avant de  tourner la page !

Jules Aristide Bourdes Ogouliguende.Les palabres du corps de garde 

Gabon, les archives historiques de l'élection présidentielle du 27 août 2016 parlent et parleront toujours:
Le cas d'un excellent article écrit par  M. Jules Aristide BOURDES-OGOULIGUENDE  (JABO), ancien président de l'Assemblée nationale, intitulé :
"Le réquisitoire de JABO avant de s’en aller..."

"La Cour Constitutionnelle, pour des raisons qui sont propres à sa Présidente, après avoir obtenu du Candidat Jean Ping le dépôt d’ un recours contentieux auprès de la Cour Qu’elle préside, relayant ainsi une  demande exprimée par les chancelleries occidentales à Libreville et la Communauté Internationale qui n’avaient aucun doute sur l’issue de ce contentieux, a finalement refusé de procéder à son examen. C’était une obligation légale.  Elle a été plus encline à donner suite à l’examen d’une demande conventionnelle du Camp d’Ali Bongo, l’autre candidat impliqué dans le contentieux électoral, mais qui ne présentait aucun recours ! La validation de cette procédure par La Présidente de la Cour Constitutionnelle est illégale, voire scélérate. On comprend mieux son refus quant à l’assistance proposée par les experts africains et internationaux mandatés par la Commission de l’Union Africaine et l’Organisation de la Francophonie. 
Les rapports de ces Institutions auxquels il faut ajouter ceux de la Mission d’observation des élections de la Commission de l’Union Européenne et du Parlement Européen ont tous fait état de la nécessité du recomptage des suffrages exprimés dans la Province du Haut Ogooué. Dans cette Province, des cas de fraude ayant été révélés au grand jour et les acteurs mis à nu, il convenait de montrer la vérité des urnes et dire le Droit. Ce qui n’a pas été fait pour des raisons extra juridiques. L’appartenance de la Présidente de la Cour Constitutionnelle à la  province concernée qu’elle a en partage avec un des candidats, président sortant et de surcroît, unis tous deux par des liens familiaux incontestables, constituaient des cas manifeste de conflit d’intérêt qui auraient dû contraindre celle-ci à se démettre parce qu’un cas de conscience se posait à elle. Le soupçon de fraude et de parti pris étant manifeste et l’honneur entaché de la Présidente de la Cour lui commandait cette attitude de dignité. Elle a estimé ne pas être tenue à une réserve honorable ! Ce constat fait ainsi que la faute technique et morale qui a consisté à annuler les élections dans une vingtaine de bureaux de vote dans le 2ème Arrondissement de Libreville conduisant à priver le candidat Jean Ping de plus de 10 000 suffrages , sans appeler à l’organisation d’élections partielles tel que le lui commande la Constitution dont elle est le garant, est une violation flagrante et délibérée de celle-ci. Si par hasard le Gabon était un état de droit, il s’est à l’occasion transformé en dictature du système Judiciaire où la Présidente d’une Institution Judiciaire, la plus haute en matière constitutionnelle, dont les décisions et jugements sont sans appels, a délibérément violé la loi ainsi que son propre serment. Il y a un qualificatif à cette situation : forfaiture et trahison. Tous deux passibles de la Haute Cour de Justice de la République !  En sortant du rôle que la loi lui assigne pour s’immiscer dans la sphère politique, elle a fait preuve de partialité. Elle n’a plus agi au nom du Peuple Gabonais. Elle s’est fourvoyée en s’arrogeant le pouvoir d’agir à la place du Peuple. Elle a proclamé l’élection d’un candidat non plus  sur la foi des suffrages incontestables exprimés dans les urnes et attestés par des procès-verbaux originaux tels que transmis par les responsables des bureaux de vote, mais sur la base de résultats doublement manipulés. D’abord par l’administration territoriale dans le Haut Ogooué et la CENAP puis par l’Institution dont elle a la charge qui a entériné les tricheries et manipulations constatées dans cette province. Ceci  avant de poser un acte lourd de conséquences en annulant des suffrages dans la province de l’Estuaire, prétextant des tricheries que nul autre qu’elle-même n’a observé. Dire qu’il est impossible d’annuler des résultats déjà actés par des Institutions manipulées, c’est faire loi de la turpitude et de l’infamie. L’annulation de l’élection présidentielle au Kenya par la Cour Suprême de ce pays, alors qu’elle était déjà proclamée par une Commission électorale, est un fait inédit qui démontre que l’on ne saurait donner la primauté d’une quelconque manipulation ou erreur matérielle ou technique sur le Droit et la Constitution. Cette situation permet de relever la qualité des responsables qui malgré de nombreuses pressions et intimidations de toute sorte ont su faire honneur à leur fonction et se montrer à la hauteur de la situation. Quand le Président de la Cour Suprême du Kenya, le Sieur……  estime n’être soumis qu’à Dieu et à la Constitution, la Présidente de la Cour Constitutionnelle du Gabon s’arroge le Pouvoir de Dieu et de la Constitution. En faisant allégeance à un homme, une famille, un clan, une Province. Voilà la différence ! Certains disent vouloir tourner la page. Ils estiment que les élections sont passées et c’est tourner la page qui devrait garantir la paix dans notre pays. Ils se trompent lourdement et font fausse route ! Jamais la paix ne se construit en violant la Constitution ! On ne construit pas la Paix en posant des actes de guerre contre la Constitution ! Ce n’est pas en devenant Dieu et le Peuple que l’on construit la Paix. Le mépris de la Constitution, le mépris du peuple par le non-respect de l’expression de sa souveraineté est un acte de guerre qui ne conforte aucune paix ! Les agissements peu orthodoxes des Institutions de la République, Les actes de barbarie et les tueries perpétrés par des forces armées aux ordres non plus de la République, mais mises au service d’un homme, sont des actes de guerre, ils détruisent Paix civile et  Cohésion de la Nation ! Le Peuple gabonais n’est pas en guerre. Des dirigeants et politiciens aux petits pieds veulent l’y entrainer !  La mauvaise gestion de cette situation postélectorale et l’organisation sur commande d’un surréaliste dialogue politique  sans objectifs stratégiques d’envergure ne peuvent pas aboutir à ce qu’ils appellent « tourner la page ». Ce qui leur a été rétorqué à la commission des Droits de l’Homme des Nations Unies est d’une vérité aveuglante et constitue, face à cette politique brouillonne et sans fondements un cinglant et honteux désaveu. « Faut-il encore avoir lu la page avant de la tourner ! » Rien de moins !!!! D’ailleurs, seul un élève débutant de classe maternelle tourne les pages de son livre de coloriage sans les lire ! Les éléments qu’on leur demande de lire sur la Page sont mentionnés ci-dessus. Il ne s’agit pas de raconter ce que veulent entendre des hommes politiques sans consistance intellectuelle et qui parlent de sujets hors de propos face aux problèmes fondamentaux qui ont conduit à cette situation incroyable. Ils ne font que  révèler l’incurie, l’incompétence et la friabilité des convictions d’une bonne partie de la classe politique gabonaise. Celle qui n’est mue que par la recherche de son intérêt personnel présenté abusivement  et sans vergogne comme la volonté du Peuple ! En quoi la non limitation des mandats présidentiels peut-elle être présentée comme une avancée démocratique. On parle de consensus ? Entre quels acteurs ? Une élection à deux tours, la modification de la dénomination de la CENAP, constitueraient des avancées de la Démocratie ? En quoi ces faits seraient-ils de nature à calmer une population de citoyens flouée dans le choix de ses dirigeants ? Comment une population traumatisée par une agression armée dans le Quartier Général d’un candidat sorti vainqueur par la volonté des urnes peut-elle être rassurée et retrouver une paix qu’on lui dénie chaque jour qui passe ? 
Est-ce que ces accords apportent une réponse aux familles sur leurs disparus et les morts escamotés ?  Qu’en est-il des opposants et des autres jeunes manifestants toujours emprisonnés ? Les forces armées constituent le bras séculier de la République.  Elles ont été transformées en une milice armée. Plus rien ne se fait sans que le peuple qui agit à mains nues ne soit en butte à ces éléments armés jusqu’aux dents. C’est dans ce contexte qu’à bout d’arguments et face à une résistance de la diaspora qui ne faiblit pas et celle de l’intérieur qui tente de s’organiser dans un environnement difficile et périlleux, que le Pouvoir organise la répression face à ceux qui refusent de se soumettre à son diktat : Reconnaitre un régime illégitime et en mal de reconnaissance internationale ! Ce que nous leur disons, c’est : Lisons le contenu ensemble et corrigeons-le s’il y a lieu avant de  tourner la page !

Jules Aristide Bourdes Ogouliguende.

dimanche 28 juin 2020

La violence d'État est du terrorisme

« Il y a trois sortes de violence...

La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »

Dom Helder

Hélder Pessoa Câmara, ou plus couramment, Helder Camara, né le 7 février 1909 à Fortaleza au Brésil et mort le 27 août 1999 à Recife, est un évêque catholique brésilien, archevêque d'Olinda et Recife de 1964 à 1985, qui est connu pour sa lutte contre la pauvreté dans son diocèse et dans le monde.

Violence policière: la dignité a-t-elle foutu le camp?

Violence policière: la dignité a-t-elle foutu le camp?

Si une députée européenne, élue de la puissante Allemagne, et jouissant d'un statut diplomatique particulier, est embastillé, manquée de respect, fouillée et tatée jusqu'à ses parties intimes, au point de faire fi de la dignité d'une femme PARCEQU'ELLE EST NOIRE!!!

Que dire du traitement qu'ils font des autres africains-européens, noirs, métisse, autres, simples citoyens dans les couloirs sombres des rues de Bruxelles et d'ailleurs à l'abris de tout regard?

Que reste t-il encore de dignité à ces policiers? 

Que reste t-il encore d'honneur et de respectabilité à ces dirigeants de la police qui admettent et encouragent ces actes indignes des principes qui fondent l'Europe et leurs pays?

Les africains-européens sont-ils des citoyens de seconde-zone aux nationalités en seconde teinte, bien que payant les mêmes contributions qui permettent de rétribuer les flics tortionnaires et racistes?

Beaucoup des africains-européens nés en Europe ne connaissent l'Afrique qu'à travers le prisme à l'image déformée que leur renvoie les médias occidentaux et les officines racistes et les tentatives désespérées des parents de rétablir la vérité.

Les africains sont-ils ces parias qui doivent être pourchassés dès que la couleur de leur peau apparaît?

Les principes de dignité, de respect de la condition humaine et des droits humains sont-ils à géométrie variable, selon son origine ethnique, géographique ou raciale?

L'histoire est émaillée de nombreux pogroms destinés à décimer, voir anéantir les humains à la peau noire. 
N'est-il pas temps de dire arrêtez de nous ostraciser, arretez de nous persécuter, arrêtez vos injustices, arrêtez cette violence inouïe et injuste, arrêtez de nous tuer, comme vous nous voulons aussi vivre.

Si les africains appliquaient la loi du talion, il n'y aurait sur cette terre que des borgnes et des édentés. 

Nous les etres humains à la peau noire, nous avons reçu par l'esclavage et la déportation la plus grande gifle à la joue droite que l"on peux administrer à un peuple. Nous avons pourtant tendu la joue gauche, contre toute attente nous avons reçu une autre grande gifle par la colonisation et le pillage de l'Afrique. Colonisation au cour de laquelle les "heros" tant vantés par les avenues, rues et autres statues en Europe et en amérique, ont décimé des millions d'africains.

Doit-on encore tendre la joue droite pour encore accepter la nouvelle gifle, celle du néo colonialisme, du racisme et de la violence raciale?

A défaut de rendre les coups nous disons stop, les joues font déjà trop mal.

Nous disons NON, nous n'accepterons pas cette nouvelle gifle.

Jean NDOUANIS

Affaire hélicoptère PUMA: le Lt colonnel Djoue Dabany aurait été assassiné en 1990 selon David Chinaud.

SA 330 Puma TR-KCF (1329) des forces aériennes gabonaises. Officiellement porté disparu le 20 février 1978. A bord 3 coopérants français, 6 parachutistes gabonais dont le lt colonel Djoue Dabany et un contractuel français. Tous ont été victimes d'un assassinat politique de Bongo et de la guerre des droites en France (Chirac vs Giscard). Affaire à suivre.
Photo prise à Mouila en 1976


Quarantième anniversaire de la disparition du Lt.Colonel  Djoué Dabany, le temps des vérités.  

Lorsque l’hélicoptère Puma du Colonel Djoué-Dabany disparait le 20 février 1978, c’est non seulement un drame humain et aéronautique, mais aussi sans doute,  la fin des illusions.
A bord de l’appareil se trouvent les six membres de l’équipe sportive militaire parachutiste gabonaise, dont le Lt.Colonel Jean-Marie  Djoué Dabany, beau-frère du Président Bongo, le SLT Christophe OBEYE, neveu du Président, le capitaine Angoizambie et les sous-officiers Ntoungou Ngui, Somand et Moukala ;
Les paras ont pour instructeur un contractuel français, l’Aspirant Henri  Deba, champion du monde de parachutisme militaire 1975. 
Outre Henri Deba, trois français forment l’équipage, Le Major Pierre Sudre, commandant de bord, l’Adjudant-Chef Pierre Amat, pilote, et l’Adjudant-Chef  Paul Français, mécanicien navigant, tous trois coopérants. 
Le 20 février 1978, le groupe de parachutistes doit se rendre à Franceville dans le cadre d’un entrainement aux championnats du monde militaires devant se dérouler l’été suivant. L’équipe doit embarquer dans un avion militaire gabonais, et non dans le Puma.
Compte tenu des conditions météo et de la distance, l’hélicoptère ne doit pas prendre de passagers. Il doit emporter du fret, notamment une caisse de devises correspondant aux salaires des fonctionnaires du Haut-Ogooué. 
Sur le tarmac l’équipage reçoit au dernier moment l’instruction de décharger le Puma de son fret, à l’exception de l’argent destiné aux fonctionnaires. Ordre est donné d’aller chercher les paras au camp Aïssat, à quelques dizaines de mètres de la base. 
Au camp Aïssat, le Lt Colonel Djoué Dabany a de son côté reçu une injonction qui lui déplait. Son départ pour Franceville est anticipé de quelques heures, pour semble-t’il, remettre des médailles à des militaires sur place. Il refuse d’obtempérer dans un premier temps mais un appel de la Présidence de la République l’oblige à obéir.
 Le chef d’Etat-major des forces terrestres et navales prend sa douche et enfile sa combinaison. Il glisse un révolver dans sa botte de saut et rejoint ses hommes pour embarquer dans  le Puma.  
L’appareil décolle du camp Aîssat  entre 11h13 et 11h15. A 12h30, un message est capté par deux avions, un militaire et un civil : ‘Le Puma se crashe, panne moteur, dans le 110 de Ndjolé pour 40 nautiques’.  Le message est retransmis à la tour de contrôle de Libreville où il est enregistré sur la bande à 12h37 locale. Aucun autre appel ne sera émis.
Vers 14h, un autre hélicoptère gabonais est dépêché sur les lieux mais se voit contraint de faire demi-tour à cause d’un orage. Dans un premier temps, des recherches sont entreprises dans la zone indiquée par le pilote du Puma. Puis, pour des raisons inexpliquées, c’est dans la forêt des abeilles, distante de 200km, qu’elles se poursuivent les semaines suivantes.  

Les recherches s’arrêtent brutalement à l’approche des fêtes de la rénovation du 12 mars. Officiellement, la thèse de la panne moteur et de l’accident sont privilégiées, tant par Libreville que par Paris. Pourtant  près de 3000 militaires gabonais et français sont déployés  sur un secteur loin de la zone de crash supposée, et des moyens aériens militaires importants sont envoyés par la France, le Maroc et les Etats-Unis. Il faut attendre plusieurs semaines avant que la région au sud de Ndjolé soit fouillée, en vain. Nulle trace de débris ou d’incendie. Aucune trace de l’équipage. Certes, il est quasiment impossible de survivre à un crash en forêt équatoriale. Mais trop d’inexactitudes et le silence des médias gabonais dans un premier temps font enfler les rumeurs. 

Ce n’est que le 22 février  que le journal ‘L’Union’ évoque un atterrissage forcé au sud de Booé…Puis le 24 février, le quotidien évoque des recherches au sud d’Ayem. Mais à aucun moment le nom de Jean-Marie Djoué Dabany n’est cité.    

Le 8 mars 1978 le Pdt Bongo déclare (l’Union)  « la disparition de l’hélicoptère ne doit pas perturber les fêtes de la rénovation ». L’Union : Le président Bongo s’est-il élevé contre les mauvaises langues
 qui établissent un rapport entre la disparition du Lt-Col Ndoutoume et celle de de l’hélicoptère militaire, considérant la seconde comme une conséquence de la première… Le nom de Djoué Dabany n’est toujours pas évoqué, on parle du Commandant AISSAT, disparu quelques mois avant! Bongo évoque aussi l’accident du Commandant de Police Pépé ODOUGA, victime d’un grave accident de voiture sur la route d’Owendo. ODOUGA avait été laissé pour mort et c’est l’intervention du Col. DJOUE DABANY  qui lui sauva la vie.

Pour comprendre les allégations de Bongo, il faut savoir que le Lt Col. Fabien Ndoutoume, adjoint du Lt Col. Djoué Dabany, est décédé, empoisonné, le 12 février 1978. La rumeur désigne Djoué Dabany comme ‘assassin’ de son adjoint sur fond de rivalités tribales.
La réalité est sans doute toute autre, car outre Ndoutoume, Djoué Dabany et Oudouga, un autre officier supérieur est victime de cette véritable hémorragie de l’Etat-major des FAG, le médecin colonel Albert LOEMBE, également empoisonné le 7 février 1978. Loembe décédera en avril 1978 à l’hôpital militaire Bégin de Paris.
Les accidents, assassinats ou disparitions de ces officiers supérieurs, en pleine forces de l’âge, dans le même mois,  ne sauraient être imputés au hasard.

En février 1978, la situation est tendue, tant à l’intérieur du pays qu’à ses frontières.
Le Gabon est un enjeu stratégique pour la France en ces temps de guerre froide et le pays est un verrou au milieu d’états qui se sont rapprochés du bloc soviétique. Guinée Equatoriale, Congo, Angola au Sud sont marxistes et depuis quelques mois, l’archipel de Sao Tomé et Principe  s’intéresse au socialisme sous les yeux bienveillants de Luanda.   
Dans ses conditions, les aspirations démocratiques des gabonais ne sont pas la préoccupation principale de Paris qui au-delà de son implantation militaire profite largement des ressources naturelles du pays dont la santé économique est par ailleurs au beau fixe. Transgabonais, Air Gabon, Pétrole, minerais et bois précieux sont la fierté, à juste titre, des gabonais. Mais des voix s’élèvent pour que le peuple ait son dû. A l’Université Omar Bongo, les étudiants se mettent en grève fin janvier. Le doyen de l’université, le Pr . AMBOUROUE AVARO, est écarté, accusé de complaisance avec ses étudiants.
Le 2 février, les forces de l’ordre et l’armée investissent l’université et les étudiants sont incorporés d’office. Les moins malchanceux auront droit à une marche du Cap Estérias jusqu’à Libreville, avec un sac de 30kg sur le dos et les brimades des paras. Ceux sous l’uniforme de la police, commandée par Jean Boniface ASSELE gouteront de la chique. Le professeur AMBOUROUE AVARO trouvera la mort dans l’accident d’un avion de l’aéroclub de Libreville en novembre 1978. 

Jean Boniface ASSELE, l’ainé des Dabany a d’ailleurs été nommé au  poste de général en chef de la police ainsi qu’à celui de ministre de la jeunesse et des sports le jour de l’assassinat de NDOUA DEPENAUD en juillet 1977. L’assassinat du poète par des mercenaires français ne semble pas du goût de Jean-Marie Djoué Dabany. D’autre part les relations personnelles entre le chef d’Etat-Major et le Président se sont passablement dégradées et Bongo craint Dabany. Assele voit passer un rapport accusant son propre cadet de fomenter un coup d’Etat.

L’hypothèse d’une tentative de coup d’état déjouée par les services gabonais n’a rien de saugrenu. Plus tordu mais plausible, un conflit d’intérêts entre les anciens  hommes de Jacques Foccart, écarté par Giscard D’Estaing et le Président Français, est également plausible. Le successeur de Foccart, René Journiac trouvera lui la mort en février 1980 à bord du Grumman G2 présidentiel gabonais piloté par un autre parent du Pdt Bongo, le Col. Layigui.  
 
Quoi qu’il en soit, en février 1978, le Gabon perd trois de ses fils,  officiers supérieurs, un commandant de police est entre la vie et la mort et le doyen de l’Université est limogé avant de trouver la mort en novembre aux commandes de son avion de tourisme.     

Mais qu’est-il arrivé au Puma et à son équipage ? 
Une panne moteur est très peu probable. L’hélicoptère sortait de révision et un vol de contrôle avait été effectué le matin même.
Un sabotage est également improbable, pour la simple est bonne raison que les contrôles ont été effectués par l’équipage lui-même.
Ces éléments sont consignés dans le rapport de gendarmerie rédigé après enquête.
Le crash du Puma reste hypothétique, par exemple pour des raisons météorologiques. Mais cette option est mise à mal par le soin apporté à organiser des recherches loin du lieu indiqué par le dernier contact.
L’hypothèse d’un détournement de l’hélicoptère est donc la piste privilégiée par les personnes qui se sont repenchées sur le dossier depuis quelques années.
Détournement à l’initiative du Lt Colonel dans le but de s’échapper après la mort de ses frères d’armes ?

En 1981 un étudiant gabonais en histoire publie une thèse de doctorat sur les relations troubles entre la France et le Gabon depuis l’indépendance, sur fonds de barbouzeries et d’assassinats. Il y évoque la disparition de Djoué Dabany et la présence possible de l’épave du Puma à Sao Tomé ; La thèse fait également le lien entre la disparition du Puma et le crash du Grumman Présidentiel avec le Col.Layigui et René Journiac, ‘Monsieur Afrique’ de  Giscard. Interrogé récemment, le doctorant indique que la présence du Puma à Sao Tomé lui avait été donnée par son directeur de Thèse, le Professeur Pédrocini. Pédrocini, réputé proche du ministère de la défense  français….
En 1981 toujours, un ancien  coopérant français a confirmation que l’hélicoptère est dans un hangar de la SNIAS  à Marignane, près de Marseille. 

Les jours suivants la disparition du Puma, les familles françaises sont laissées à leur propre sort et à la solidarité des coopérants et des militaires gabonais de leur voisinage. Le capitaine qui commande la ‘Section d’Assistance Militaire Air ‘ gère la crise de manière calamiteuse et les autorités consulaires sont à peine plus présentes. 
Le Lt-Colonel Layigui, alors chef d’Etat-Major de l’armée de l’air, reçoit Mesdames Français, Sudre et Amat assez rapidement. Il remet à chacune une somme d’argent, de la part du Président. Puis il les met en garde en évoquant le contenu d’une conversation téléphonique de Madame Français avec ses parents. Les épouses sont donc sur écoute. 
Alphonse Layigui  leur précise également que Djoué Dabany ne devait pas monter dans l’hélicoptère et leur laisse clairement entendre « qu’ils (le palais…) avaient des doutes sur lui ». 
Une information tombe rapidement, le Puma a été retrouvé au Gabon, vide de ses occupants ! Puis plus rien et les recherches s’arrêtent le temps des fêtes de la rénovation. 
Les familles françaises sont dès lors abandonnées à leur propre sort. L’armée française est engagée au Tchad dans l’opération Tacaud, et en mai 1978, la légion étrangère intervient à Kolwezi. La base aérienne est en effervescence car elle sert au transit des troupes et du matériel. Le Puma est ‘oublié’ par Paris et par son ambassade à Libreville.
Mesdames Français, Sudre et Amat seront rapatriées en France  avec leurs enfants en juillet 1978, en pleine crise entre le Bénin et le Gabon. 
Tout est parti du discours de Kérékou à la tribune de l'O.U.A., et de la réponse de Bongo.Kérékou a profité de la réunion du sommet de l'O.U.A. pour reposer le problème du soutien du Président Bongo à la tentative de coup d'état contre son pays en janvier 77. Il a aussi aussi, dit-on, fait allusion à des problèmes internes au Gabon, à savoir la disparition du Puma !
Le retour en France est purement cauchemardesque pour les familles de l’équipage.

Mesdames Français et Sudre n’ont jamais cru à la disparition de leurs époux comme consécutive à une avarie matérielle du Puma. De retour en France, elles continuent les investigations et interpellent les autorités militaires et civiles françaises du pays, ainsi que la presse nationale. Les journaux et magazines s’emparent de l’affaire, relayant plus ou moins rumeurs,  hypothèses et versions officielles. 

En janvier 1979, le Président Giscard D’Estaing se rend à Libreville. Madame Sudre lui fait adresser un message pour qu’il intercède auprès du Président Bongo afin que la vérité soit faite. René Journiac, le conseiller Afrique de Giscard, répond que Giscard a bien pris en compte la demande. C’est une fois de plus un mensonge, Giscard était déjà à Libreville lorsque la demande est parvenue à L’Elysée.
Les deux femmes se battent dans le même temps contre le ministère de la défense français qui tient absolument à faire déclarer leurs époux morts par un jugement au Tribunal de Grande Instance. Après un premier échec en juillet 1979, l’Etat français obtient ce jugement en décembre 1979.  
Les deux courageuses épouses découvrent qu’elles sont suivies et usent de tous les stratagèmes pour échapper aux écoutes téléphoniques. Rien n’y fait, pas même un chèque envoyé par Bongo à chacune. Elles persistent.
Leur enquête continue jusqu’en 1982, date à laquelle madame Sudre décède, anéantie par le désespoir. Madame Français se bat quelques temps encore mais un autre drame familial met un terme à ses recherches.

Il faut attendre 2013 pour que l’enquête reprenne de manière indépendante. Trois des familles françaises sont contactées ainsi que des proches du Colonel DJOUE-DABANY.Cette enquête mène à une certitude : le Puma TR-KCF ne s’est pas écrasé dans les environs de Ndjolé. Plusieurs sources et témoignages confirment que l’hélicoptère a été retrouvé, entier, vide de ses occupants.
Gabon, Sao Tomé, Congo, Angola , Guinée Equatoriale? Aucune preuve matérielle n’indique la destination finale de l’appareil.   
Quant à ses occupants, les rumeurs les plus folles ont couru sur leur sort… Fuite crapuleuse de l’équipage après l’assassinat du colonel, assassinat de l’équipage par le colonel pour les mêmes raisons… Rétention dans un village pygmée avant exécution, etc.

L’examen des organigrammes des forces de sécurité (armées, police)  en 1978 est un élément essentiel de l’enquête menée sur la disparition du colonel Djoué Dabany. 
Une poignée d’officiers supérieurs de la génération du parachutiste a été victime de morts violentes. En 1978, Loembe, Ndoutoume … le  colonel Layigui en 1980. 
D’autres  ont eu une carrière prestigieuse et parfois accédé aux plus hautes fonctions militaires et civiles, Ba Oumar (chef d’Etat-Major de nombreuses années, ministre.), Oyabi (patron du B2) , Ngari, remplaçant de Djoué puis chef d’état-major avant d’entamer une carrière politique toujours active (ministères, assemblée nationale).
Le commandant Oyini, adjoint de Dabany au bataillon para a terminé général de la garde républicaine où il s’acquittait « des tâches difficiles » que lui confiait le patron (OBO).
Oyini  avait fait un temps partie de l’équipe de chuteurs constituée par le colonel Djoué Dabany avant d’en être évincé à cause de son appréhension de la chute libre et surtout de ses intrigues sur fond de jalousie carriériste. 
Quant aux généraux Ntoulekima et Ossialy, respectivement patrons de la gendarmerie et de la police nationale, ils connaitront tous deux une fin tragique dans les années 1990. 
Le général Ossialy est mort à Cotonou en 1993, officiellement dans un accident de voiture alors qu’il était en déplacement au Bénin avec Oyini et Ngari… 

En ce quarantième anniversaire de la disparition, quelques langues finissent par se délier, livrant la cruelle vérité.
Le Colonel Djoué-Dabany fomentait bien un coup d’état contre Omar Bongo avec une poignée d’officiers gabonais.
Il y a bien eu trahison et le projet a été dénoncé par l’entourage très proche du parachutiste. 

Au camp AÏSSAT, une bagarre aurait été déclenchée dans l’hélicoptère. Bagarre au cours de laquelle plusieurs militaires auraient été tués. Jean-Marie Djoué-Dabany aurait été capturé et gardé au secret après détournement de l’appareil. Ce n’est qu’en 1990, au moment des émeutes de Port-Gentil que son exécution aurait été ordonnée.
Le sort des autres militaires est encore incertain, l’enquête continue….       

Un député  français s’est vu opposé le secret défense en 2011 lorsqu’il a demandé la déclassification des documents.
En résumé, la position de la France depuis 1978 est qu’il n’y a  pas de dossier, et que d’ailleurs ce dossier qui n’existe pas est vide et que comme il n’existe pas et qu’il est vide, il est classé secret défense…

samedi 10 novembre 2018

Message aux gabonais et à nos "amis"

Aux combattants de la démocratie et de la liberté

Je dois vous dire que certains de nos amis ne sont pas contents de ma réaction contre notre partenaire la France.

Mais je n'ai pas de maîtres à penser et j'assume ce que j'ai écris contre la France qui pilote ce système criminel intégré qu'est la françafrique.

Avec cette posture politique qui permet de designer le diable par son nom et le bon Dieu par le sien, j'ai remis les pendules à l'heure, et passé le message de la respectabilité de notre liberté et de notre indépendance à tous. Le Gabon et son peuple ont un grand besoin de respect de son libre arbitre et des choix librement consentis qui conditionnent leur avenir.

Cette posture se justifie par la volonté de faire échec au plan diabolique qui consiste à nous imposer, nous les gabonais, une nouvelle marionnette qui n'a été élue par personne.

Elle consiste également à dénoncer l'imposture du gouvernement français, l'hypocrisie de son Président et finalement à inviter les patriotes à redoubler notre pression pour que la vérité soit dite maintenant et la vacance du pouvoir proclamée.

Notre attitude envers un pays est déterminée par l'attitude de ce pays envers notre lutte pour la démocratie et la liberté. La France a soutenu en 2016 une mascarade électorale qui a nié à plus de 20.000 gabonais le droit de repartir aux urnes après une annulation frauduleuse à la loi. Elle a soutenu la multiplication par cinq du corps électoral d'une province et valider la fraude grotesque visible par tous, y compris les délégués de l'UE. Elle a fermé les yeux, sinon incité, les ignobles massacres des populations civiles qui se trouvaient à moins de deux kilomètres de leur base militaire. Ce pays a freiné des quatre fers toutes les initiatives de l'opposition et de la société  civile du peuple gabonais à l'ONU, à l'UA, à l'UE, à la CPI etc. Qu'a t-elle dit de la mise en place d'une constitution inique qui consacre la monarchisation du Gabon? Ou encore d'un découpage électoral du pays qui consacre les victoires de son système corrompu à chaque scrutin ? Le silence coupable du marionnettiste en dit long sur ses intentions.

Le Gabon et son peuple ne sont pas la propriété de la France. Le territoire gabonais n'est pas une sous préfecture française et ses citoyens ne sont ni des sujets ni des citoyens français.

Le Gabon est NOTRE pays ce n'est pas une propriété de la France et de la françafrique.

Devant ces attaques multiformes et ces arrangements d'arrière boutique qui n'ont pour buts que de nous nier notre souveraineté nationale et notre indépendance «nos amis» sont plutôt nos ennemis, car des amis réels nous auraient accompagnés vers la liberté en respectant nos choix régaliens plutôt que vers le maintien d'un système d'esclavage séculier.

Naturellement, j'exprime toute ma fierté à la relecture de toutes mes réactions et celles d'autres patriotes contre les actions de la France contre notre pays. Ce qui n'est que la réponse du berger à la bergère.

La réserve que beaucoup de gabonais ont observé jusqu'à ce nouvel épisode, a donné à penser chez nos amis, que les gabonais naviguaient sans repères et sans conscience, sans direction crédible, et qu'ils laisseraient dépérir sans la moindre action leur pays le Gabon.

Nos "amis" pouvaient en conséquence croire qu'ils pouvaient reduire notre  choix electoral à l'extrême limite de leur volonté au-delà de la décence qu'impose un choix démocratique d'un peuple pour ses dirigeants.

Les gabonais élus aux plus hautes responsabilités depuis 1993 sont  infantilisés à souhait, les leaders sortis des urnes sont ballotés à l'envie et insultés sur toutes les plateformes médiatiques françaises pilotées en sous main par la françafrique. Tous ça pour servir une politique qui nie aux gabonais leurs droits les plus élémentaires.

Face à tous ces dénis des droits de notre peuple et des leçons forcément tirées de l'échec national dont nos "amis" doivent répondre pour avoir installé, protégé et pérennisé un système criminel à la tête de notre pays, il fallait opposer les acquis et la constance politique, de notre volonté, de notre détermination, de notre lutte pour l'indépendance réelle et pour une souveraineté sans failles.

Ce choix est le mien et je suis prêt à en assumer seul les conséquences.

Entre amis on se respecte. je ne peux pas continuer à accepter ce type de comportement irrévérencieux, à plusieurs reprises, de ceux qui se prétendent être nos amis mais qui travaillent à nous maintenir dans la misère, la maladie, la faim, le sous développement, la tyrannie d'un régime stalinien.

Le peuple gabonais vaincra

Jean Ndouanis

vendredi 26 octobre 2018

Quid de la crise postélectorale de 2016 ?

Quid de la crise postélectorale de 2016 ?

La crise née du holdup électoral de 2016 ne pourrait être terminée tant que les assassinats de masse et les différentes privations de libertés, les préjudices physiques, économiques et moraux  ne seront pas résolus. Monsieur Ali Bongo Ondimba continu son challenge dans des actes compromettant la démocratie tout en faisant obstacle à la recherche d'une solution politique à la crise gabonaise. Il s'agit notamment d'actes de violence, de répression ou d'incitation à la violence, ainsi que d'actes constituant des atteintes graves aux droits de l'homme,  les mesures restrictives et de privation de liberté prises à l'encontre des membres de l’opposition sont la parfaite illustration de son opposition à toute solution politique inclusive.

Les dernières élections ont démontrés une fois de plus qu’il n’est pas possible de concourir à une élection libre et transparente avec un régime qui a pour crédo «  On ne peut  pas organiser des élections pour les perdre ».Toutes les manigances ont été observées. Celles-ci, en parfaite violation de la loi électorale qui, pourtant, a été édictée par le régime lui-même. Ces violations graves sont des intimidations, de l’achat des électeurs, de l’arrestation et de l’emprisonnement des candidats de l’opposition, des menaces et interdictions de pénétrer sur le territoire de leurs circonscriptions électorales pour y battre campagne, la confiscation des médias publics, des moyens de l’Etat et de l’administration publique au seul bénéfice des partisans du pouvoir, des votes multiples, du transport des électeurs vers l’intérieur du pays pour voter pour des électeurs fictifs préalablement inscrits sur les listes électorales, etc. Par ailleurs le dispositif institutionnel et législatif mis en place pour gérer les élections a totalement été verrouillé pour que le régime gagne à tous les coups et que les plaignants, au risque d’enrichir un peu plus les tenants du système, doivent renoncer à leurs droits d’ester en justice.

Ces élections, couvertes d’oripeaux démocratiques, n’avaient rien de juste et de transparent. Par ailleurs la très forte abstention des gabonaises et des gabonais démontre que le système a été boudé et que ces élections qui donnent un pouvoir absolu au régime est impopulaire.
L'absence de progrès en ce qui concerne la résolution de la crise postélectorale et ses conséquences, la situation des droits humains qui nuit à toute initiative de réconciliation, de paix et de justice, la persistance d’exécutions extrajudiciaires, d'arrestations et séquestrations arbitraires mettent le Gabon dans une situation instable qui pourrait s’aggraver et provoquer un conflit grave.

Depuis le début de la crise au Gabon, l'Union et Solidarité a affirmé que seul un dialogue débouchant sur un consensus, dans le respect des obligations internationales  pour la paix, la réconciliation et l’indemnisation des victimes, notamment les résolutions du parlement européen et les recommandations du MOE au Gabon qui reprennent les propositions de l’agenda de sortie de crise du parti Union et Solidarité permettra de trouver une solution politique durable dans l'intérêt de la sécurité et la démocratie pour tous les gabonais.

A cet égard l’'US, prenant corps avec son principe de la force des arguments plutôt que l’argument de la force, a appelé à plusieurs reprises toutes les parties prenantes à s'abstenir de tout acte de violence et à les condamner, pour établir un climat de sereinité et de securité. 
Malgré cela, on constate un manque de progrès chez les tenants du régime dans la recherche d'une solution politique à la crise au Gabon et le risque d'escalade de la violence.
Ceci est la raison pour laquelle L’US estime qu'il est approprié d'imposer des mesures restrictives individuelles, à tous ceux qui s'inscrivent dans le blocage actuel.

Il est temps que la communauté internationale applique des sanctions individuelles contre des personnes concernées par des actes qui font obstacle à la recherche d’une solution négociée au Gabon.
Jean Ndouanis
Vice Président Union & Solidarite