dimanche 28 juin 2020

La violence d'État est du terrorisme

« Il y a trois sortes de violence...

La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »

Dom Helder

Hélder Pessoa Câmara, ou plus couramment, Helder Camara, né le 7 février 1909 à Fortaleza au Brésil et mort le 27 août 1999 à Recife, est un évêque catholique brésilien, archevêque d'Olinda et Recife de 1964 à 1985, qui est connu pour sa lutte contre la pauvreté dans son diocèse et dans le monde.

Violence policière: la dignité a-t-elle foutu le camp?

Violence policière: la dignité a-t-elle foutu le camp?

Si une députée européenne, élue de la puissante Allemagne, et jouissant d'un statut diplomatique particulier, est embastillé, manquée de respect, fouillée et tatée jusqu'à ses parties intimes, au point de faire fi de la dignité d'une femme PARCEQU'ELLE EST NOIRE!!!

Que dire du traitement qu'ils font des autres africains-européens, noirs, métisse, autres, simples citoyens dans les couloirs sombres des rues de Bruxelles et d'ailleurs à l'abris de tout regard?

Que reste t-il encore de dignité à ces policiers? 

Que reste t-il encore d'honneur et de respectabilité à ces dirigeants de la police qui admettent et encouragent ces actes indignes des principes qui fondent l'Europe et leurs pays?

Les africains-européens sont-ils des citoyens de seconde-zone aux nationalités en seconde teinte, bien que payant les mêmes contributions qui permettent de rétribuer les flics tortionnaires et racistes?

Beaucoup des africains-européens nés en Europe ne connaissent l'Afrique qu'à travers le prisme à l'image déformée que leur renvoie les médias occidentaux et les officines racistes et les tentatives désespérées des parents de rétablir la vérité.

Les africains sont-ils ces parias qui doivent être pourchassés dès que la couleur de leur peau apparaît?

Les principes de dignité, de respect de la condition humaine et des droits humains sont-ils à géométrie variable, selon son origine ethnique, géographique ou raciale?

L'histoire est émaillée de nombreux pogroms destinés à décimer, voir anéantir les humains à la peau noire. 
N'est-il pas temps de dire arrêtez de nous ostraciser, arretez de nous persécuter, arrêtez vos injustices, arrêtez cette violence inouïe et injuste, arrêtez de nous tuer, comme vous nous voulons aussi vivre.

Si les africains appliquaient la loi du talion, il n'y aurait sur cette terre que des borgnes et des édentés. 

Nous les etres humains à la peau noire, nous avons reçu par l'esclavage et la déportation la plus grande gifle à la joue droite que l"on peux administrer à un peuple. Nous avons pourtant tendu la joue gauche, contre toute attente nous avons reçu une autre grande gifle par la colonisation et le pillage de l'Afrique. Colonisation au cour de laquelle les "heros" tant vantés par les avenues, rues et autres statues en Europe et en amérique, ont décimé des millions d'africains.

Doit-on encore tendre la joue droite pour encore accepter la nouvelle gifle, celle du néo colonialisme, du racisme et de la violence raciale?

A défaut de rendre les coups nous disons stop, les joues font déjà trop mal.

Nous disons NON, nous n'accepterons pas cette nouvelle gifle.

Jean NDOUANIS

Affaire hélicoptère PUMA: le Lt colonnel Djoue Dabany aurait été assassiné en 1990 selon David Chinaud.

SA 330 Puma TR-KCF (1329) des forces aériennes gabonaises. Officiellement porté disparu le 20 février 1978. A bord 3 coopérants français, 6 parachutistes gabonais dont le lt colonel Djoue Dabany et un contractuel français. Tous ont été victimes d'un assassinat politique de Bongo et de la guerre des droites en France (Chirac vs Giscard). Affaire à suivre.
Photo prise à Mouila en 1976


Quarantième anniversaire de la disparition du Lt.Colonel  Djoué Dabany, le temps des vérités.  

Lorsque l’hélicoptère Puma du Colonel Djoué-Dabany disparait le 20 février 1978, c’est non seulement un drame humain et aéronautique, mais aussi sans doute,  la fin des illusions.
A bord de l’appareil se trouvent les six membres de l’équipe sportive militaire parachutiste gabonaise, dont le Lt.Colonel Jean-Marie  Djoué Dabany, beau-frère du Président Bongo, le SLT Christophe OBEYE, neveu du Président, le capitaine Angoizambie et les sous-officiers Ntoungou Ngui, Somand et Moukala ;
Les paras ont pour instructeur un contractuel français, l’Aspirant Henri  Deba, champion du monde de parachutisme militaire 1975. 
Outre Henri Deba, trois français forment l’équipage, Le Major Pierre Sudre, commandant de bord, l’Adjudant-Chef Pierre Amat, pilote, et l’Adjudant-Chef  Paul Français, mécanicien navigant, tous trois coopérants. 
Le 20 février 1978, le groupe de parachutistes doit se rendre à Franceville dans le cadre d’un entrainement aux championnats du monde militaires devant se dérouler l’été suivant. L’équipe doit embarquer dans un avion militaire gabonais, et non dans le Puma.
Compte tenu des conditions météo et de la distance, l’hélicoptère ne doit pas prendre de passagers. Il doit emporter du fret, notamment une caisse de devises correspondant aux salaires des fonctionnaires du Haut-Ogooué. 
Sur le tarmac l’équipage reçoit au dernier moment l’instruction de décharger le Puma de son fret, à l’exception de l’argent destiné aux fonctionnaires. Ordre est donné d’aller chercher les paras au camp Aïssat, à quelques dizaines de mètres de la base. 
Au camp Aïssat, le Lt Colonel Djoué Dabany a de son côté reçu une injonction qui lui déplait. Son départ pour Franceville est anticipé de quelques heures, pour semble-t’il, remettre des médailles à des militaires sur place. Il refuse d’obtempérer dans un premier temps mais un appel de la Présidence de la République l’oblige à obéir.
 Le chef d’Etat-major des forces terrestres et navales prend sa douche et enfile sa combinaison. Il glisse un révolver dans sa botte de saut et rejoint ses hommes pour embarquer dans  le Puma.  
L’appareil décolle du camp Aîssat  entre 11h13 et 11h15. A 12h30, un message est capté par deux avions, un militaire et un civil : ‘Le Puma se crashe, panne moteur, dans le 110 de Ndjolé pour 40 nautiques’.  Le message est retransmis à la tour de contrôle de Libreville où il est enregistré sur la bande à 12h37 locale. Aucun autre appel ne sera émis.
Vers 14h, un autre hélicoptère gabonais est dépêché sur les lieux mais se voit contraint de faire demi-tour à cause d’un orage. Dans un premier temps, des recherches sont entreprises dans la zone indiquée par le pilote du Puma. Puis, pour des raisons inexpliquées, c’est dans la forêt des abeilles, distante de 200km, qu’elles se poursuivent les semaines suivantes.  

Les recherches s’arrêtent brutalement à l’approche des fêtes de la rénovation du 12 mars. Officiellement, la thèse de la panne moteur et de l’accident sont privilégiées, tant par Libreville que par Paris. Pourtant  près de 3000 militaires gabonais et français sont déployés  sur un secteur loin de la zone de crash supposée, et des moyens aériens militaires importants sont envoyés par la France, le Maroc et les Etats-Unis. Il faut attendre plusieurs semaines avant que la région au sud de Ndjolé soit fouillée, en vain. Nulle trace de débris ou d’incendie. Aucune trace de l’équipage. Certes, il est quasiment impossible de survivre à un crash en forêt équatoriale. Mais trop d’inexactitudes et le silence des médias gabonais dans un premier temps font enfler les rumeurs. 

Ce n’est que le 22 février  que le journal ‘L’Union’ évoque un atterrissage forcé au sud de Booé…Puis le 24 février, le quotidien évoque des recherches au sud d’Ayem. Mais à aucun moment le nom de Jean-Marie Djoué Dabany n’est cité.    

Le 8 mars 1978 le Pdt Bongo déclare (l’Union)  « la disparition de l’hélicoptère ne doit pas perturber les fêtes de la rénovation ». L’Union : Le président Bongo s’est-il élevé contre les mauvaises langues
 qui établissent un rapport entre la disparition du Lt-Col Ndoutoume et celle de de l’hélicoptère militaire, considérant la seconde comme une conséquence de la première… Le nom de Djoué Dabany n’est toujours pas évoqué, on parle du Commandant AISSAT, disparu quelques mois avant! Bongo évoque aussi l’accident du Commandant de Police Pépé ODOUGA, victime d’un grave accident de voiture sur la route d’Owendo. ODOUGA avait été laissé pour mort et c’est l’intervention du Col. DJOUE DABANY  qui lui sauva la vie.

Pour comprendre les allégations de Bongo, il faut savoir que le Lt Col. Fabien Ndoutoume, adjoint du Lt Col. Djoué Dabany, est décédé, empoisonné, le 12 février 1978. La rumeur désigne Djoué Dabany comme ‘assassin’ de son adjoint sur fond de rivalités tribales.
La réalité est sans doute toute autre, car outre Ndoutoume, Djoué Dabany et Oudouga, un autre officier supérieur est victime de cette véritable hémorragie de l’Etat-major des FAG, le médecin colonel Albert LOEMBE, également empoisonné le 7 février 1978. Loembe décédera en avril 1978 à l’hôpital militaire Bégin de Paris.
Les accidents, assassinats ou disparitions de ces officiers supérieurs, en pleine forces de l’âge, dans le même mois,  ne sauraient être imputés au hasard.

En février 1978, la situation est tendue, tant à l’intérieur du pays qu’à ses frontières.
Le Gabon est un enjeu stratégique pour la France en ces temps de guerre froide et le pays est un verrou au milieu d’états qui se sont rapprochés du bloc soviétique. Guinée Equatoriale, Congo, Angola au Sud sont marxistes et depuis quelques mois, l’archipel de Sao Tomé et Principe  s’intéresse au socialisme sous les yeux bienveillants de Luanda.   
Dans ses conditions, les aspirations démocratiques des gabonais ne sont pas la préoccupation principale de Paris qui au-delà de son implantation militaire profite largement des ressources naturelles du pays dont la santé économique est par ailleurs au beau fixe. Transgabonais, Air Gabon, Pétrole, minerais et bois précieux sont la fierté, à juste titre, des gabonais. Mais des voix s’élèvent pour que le peuple ait son dû. A l’Université Omar Bongo, les étudiants se mettent en grève fin janvier. Le doyen de l’université, le Pr . AMBOUROUE AVARO, est écarté, accusé de complaisance avec ses étudiants.
Le 2 février, les forces de l’ordre et l’armée investissent l’université et les étudiants sont incorporés d’office. Les moins malchanceux auront droit à une marche du Cap Estérias jusqu’à Libreville, avec un sac de 30kg sur le dos et les brimades des paras. Ceux sous l’uniforme de la police, commandée par Jean Boniface ASSELE gouteront de la chique. Le professeur AMBOUROUE AVARO trouvera la mort dans l’accident d’un avion de l’aéroclub de Libreville en novembre 1978. 

Jean Boniface ASSELE, l’ainé des Dabany a d’ailleurs été nommé au  poste de général en chef de la police ainsi qu’à celui de ministre de la jeunesse et des sports le jour de l’assassinat de NDOUA DEPENAUD en juillet 1977. L’assassinat du poète par des mercenaires français ne semble pas du goût de Jean-Marie Djoué Dabany. D’autre part les relations personnelles entre le chef d’Etat-Major et le Président se sont passablement dégradées et Bongo craint Dabany. Assele voit passer un rapport accusant son propre cadet de fomenter un coup d’Etat.

L’hypothèse d’une tentative de coup d’état déjouée par les services gabonais n’a rien de saugrenu. Plus tordu mais plausible, un conflit d’intérêts entre les anciens  hommes de Jacques Foccart, écarté par Giscard D’Estaing et le Président Français, est également plausible. Le successeur de Foccart, René Journiac trouvera lui la mort en février 1980 à bord du Grumman G2 présidentiel gabonais piloté par un autre parent du Pdt Bongo, le Col. Layigui.  
 
Quoi qu’il en soit, en février 1978, le Gabon perd trois de ses fils,  officiers supérieurs, un commandant de police est entre la vie et la mort et le doyen de l’Université est limogé avant de trouver la mort en novembre aux commandes de son avion de tourisme.     

Mais qu’est-il arrivé au Puma et à son équipage ? 
Une panne moteur est très peu probable. L’hélicoptère sortait de révision et un vol de contrôle avait été effectué le matin même.
Un sabotage est également improbable, pour la simple est bonne raison que les contrôles ont été effectués par l’équipage lui-même.
Ces éléments sont consignés dans le rapport de gendarmerie rédigé après enquête.
Le crash du Puma reste hypothétique, par exemple pour des raisons météorologiques. Mais cette option est mise à mal par le soin apporté à organiser des recherches loin du lieu indiqué par le dernier contact.
L’hypothèse d’un détournement de l’hélicoptère est donc la piste privilégiée par les personnes qui se sont repenchées sur le dossier depuis quelques années.
Détournement à l’initiative du Lt Colonel dans le but de s’échapper après la mort de ses frères d’armes ?

En 1981 un étudiant gabonais en histoire publie une thèse de doctorat sur les relations troubles entre la France et le Gabon depuis l’indépendance, sur fonds de barbouzeries et d’assassinats. Il y évoque la disparition de Djoué Dabany et la présence possible de l’épave du Puma à Sao Tomé ; La thèse fait également le lien entre la disparition du Puma et le crash du Grumman Présidentiel avec le Col.Layigui et René Journiac, ‘Monsieur Afrique’ de  Giscard. Interrogé récemment, le doctorant indique que la présence du Puma à Sao Tomé lui avait été donnée par son directeur de Thèse, le Professeur Pédrocini. Pédrocini, réputé proche du ministère de la défense  français….
En 1981 toujours, un ancien  coopérant français a confirmation que l’hélicoptère est dans un hangar de la SNIAS  à Marignane, près de Marseille. 

Les jours suivants la disparition du Puma, les familles françaises sont laissées à leur propre sort et à la solidarité des coopérants et des militaires gabonais de leur voisinage. Le capitaine qui commande la ‘Section d’Assistance Militaire Air ‘ gère la crise de manière calamiteuse et les autorités consulaires sont à peine plus présentes. 
Le Lt-Colonel Layigui, alors chef d’Etat-Major de l’armée de l’air, reçoit Mesdames Français, Sudre et Amat assez rapidement. Il remet à chacune une somme d’argent, de la part du Président. Puis il les met en garde en évoquant le contenu d’une conversation téléphonique de Madame Français avec ses parents. Les épouses sont donc sur écoute. 
Alphonse Layigui  leur précise également que Djoué Dabany ne devait pas monter dans l’hélicoptère et leur laisse clairement entendre « qu’ils (le palais…) avaient des doutes sur lui ». 
Une information tombe rapidement, le Puma a été retrouvé au Gabon, vide de ses occupants ! Puis plus rien et les recherches s’arrêtent le temps des fêtes de la rénovation. 
Les familles françaises sont dès lors abandonnées à leur propre sort. L’armée française est engagée au Tchad dans l’opération Tacaud, et en mai 1978, la légion étrangère intervient à Kolwezi. La base aérienne est en effervescence car elle sert au transit des troupes et du matériel. Le Puma est ‘oublié’ par Paris et par son ambassade à Libreville.
Mesdames Français, Sudre et Amat seront rapatriées en France  avec leurs enfants en juillet 1978, en pleine crise entre le Bénin et le Gabon. 
Tout est parti du discours de Kérékou à la tribune de l'O.U.A., et de la réponse de Bongo.Kérékou a profité de la réunion du sommet de l'O.U.A. pour reposer le problème du soutien du Président Bongo à la tentative de coup d'état contre son pays en janvier 77. Il a aussi aussi, dit-on, fait allusion à des problèmes internes au Gabon, à savoir la disparition du Puma !
Le retour en France est purement cauchemardesque pour les familles de l’équipage.

Mesdames Français et Sudre n’ont jamais cru à la disparition de leurs époux comme consécutive à une avarie matérielle du Puma. De retour en France, elles continuent les investigations et interpellent les autorités militaires et civiles françaises du pays, ainsi que la presse nationale. Les journaux et magazines s’emparent de l’affaire, relayant plus ou moins rumeurs,  hypothèses et versions officielles. 

En janvier 1979, le Président Giscard D’Estaing se rend à Libreville. Madame Sudre lui fait adresser un message pour qu’il intercède auprès du Président Bongo afin que la vérité soit faite. René Journiac, le conseiller Afrique de Giscard, répond que Giscard a bien pris en compte la demande. C’est une fois de plus un mensonge, Giscard était déjà à Libreville lorsque la demande est parvenue à L’Elysée.
Les deux femmes se battent dans le même temps contre le ministère de la défense français qui tient absolument à faire déclarer leurs époux morts par un jugement au Tribunal de Grande Instance. Après un premier échec en juillet 1979, l’Etat français obtient ce jugement en décembre 1979.  
Les deux courageuses épouses découvrent qu’elles sont suivies et usent de tous les stratagèmes pour échapper aux écoutes téléphoniques. Rien n’y fait, pas même un chèque envoyé par Bongo à chacune. Elles persistent.
Leur enquête continue jusqu’en 1982, date à laquelle madame Sudre décède, anéantie par le désespoir. Madame Français se bat quelques temps encore mais un autre drame familial met un terme à ses recherches.

Il faut attendre 2013 pour que l’enquête reprenne de manière indépendante. Trois des familles françaises sont contactées ainsi que des proches du Colonel DJOUE-DABANY.Cette enquête mène à une certitude : le Puma TR-KCF ne s’est pas écrasé dans les environs de Ndjolé. Plusieurs sources et témoignages confirment que l’hélicoptère a été retrouvé, entier, vide de ses occupants.
Gabon, Sao Tomé, Congo, Angola , Guinée Equatoriale? Aucune preuve matérielle n’indique la destination finale de l’appareil.   
Quant à ses occupants, les rumeurs les plus folles ont couru sur leur sort… Fuite crapuleuse de l’équipage après l’assassinat du colonel, assassinat de l’équipage par le colonel pour les mêmes raisons… Rétention dans un village pygmée avant exécution, etc.

L’examen des organigrammes des forces de sécurité (armées, police)  en 1978 est un élément essentiel de l’enquête menée sur la disparition du colonel Djoué Dabany. 
Une poignée d’officiers supérieurs de la génération du parachutiste a été victime de morts violentes. En 1978, Loembe, Ndoutoume … le  colonel Layigui en 1980. 
D’autres  ont eu une carrière prestigieuse et parfois accédé aux plus hautes fonctions militaires et civiles, Ba Oumar (chef d’Etat-Major de nombreuses années, ministre.), Oyabi (patron du B2) , Ngari, remplaçant de Djoué puis chef d’état-major avant d’entamer une carrière politique toujours active (ministères, assemblée nationale).
Le commandant Oyini, adjoint de Dabany au bataillon para a terminé général de la garde républicaine où il s’acquittait « des tâches difficiles » que lui confiait le patron (OBO).
Oyini  avait fait un temps partie de l’équipe de chuteurs constituée par le colonel Djoué Dabany avant d’en être évincé à cause de son appréhension de la chute libre et surtout de ses intrigues sur fond de jalousie carriériste. 
Quant aux généraux Ntoulekima et Ossialy, respectivement patrons de la gendarmerie et de la police nationale, ils connaitront tous deux une fin tragique dans les années 1990. 
Le général Ossialy est mort à Cotonou en 1993, officiellement dans un accident de voiture alors qu’il était en déplacement au Bénin avec Oyini et Ngari… 

En ce quarantième anniversaire de la disparition, quelques langues finissent par se délier, livrant la cruelle vérité.
Le Colonel Djoué-Dabany fomentait bien un coup d’état contre Omar Bongo avec une poignée d’officiers gabonais.
Il y a bien eu trahison et le projet a été dénoncé par l’entourage très proche du parachutiste. 

Au camp AÏSSAT, une bagarre aurait été déclenchée dans l’hélicoptère. Bagarre au cours de laquelle plusieurs militaires auraient été tués. Jean-Marie Djoué-Dabany aurait été capturé et gardé au secret après détournement de l’appareil. Ce n’est qu’en 1990, au moment des émeutes de Port-Gentil que son exécution aurait été ordonnée.
Le sort des autres militaires est encore incertain, l’enquête continue….       

Un député  français s’est vu opposé le secret défense en 2011 lorsqu’il a demandé la déclassification des documents.
En résumé, la position de la France depuis 1978 est qu’il n’y a  pas de dossier, et que d’ailleurs ce dossier qui n’existe pas est vide et que comme il n’existe pas et qu’il est vide, il est classé secret défense…

samedi 10 novembre 2018

Message aux gabonais et à nos "amis"

Aux combattants de la démocratie et de la liberté

Je dois vous dire que certains de nos amis ne sont pas contents de ma réaction contre notre partenaire la France.

Mais je n'ai pas de maîtres à penser et j'assume ce que j'ai écris contre la France qui pilote ce système criminel intégré qu'est la françafrique.

Avec cette posture politique qui permet de designer le diable par son nom et le bon Dieu par le sien, j'ai remis les pendules à l'heure, et passé le message de la respectabilité de notre liberté et de notre indépendance à tous. Le Gabon et son peuple ont un grand besoin de respect de son libre arbitre et des choix librement consentis qui conditionnent leur avenir.

Cette posture se justifie par la volonté de faire échec au plan diabolique qui consiste à nous imposer, nous les gabonais, une nouvelle marionnette qui n'a été élue par personne.

Elle consiste également à dénoncer l'imposture du gouvernement français, l'hypocrisie de son Président et finalement à inviter les patriotes à redoubler notre pression pour que la vérité soit dite maintenant et la vacance du pouvoir proclamée.

Notre attitude envers un pays est déterminée par l'attitude de ce pays envers notre lutte pour la démocratie et la liberté. La France a soutenu en 2016 une mascarade électorale qui a nié à plus de 20.000 gabonais le droit de repartir aux urnes après une annulation frauduleuse à la loi. Elle a soutenu la multiplication par cinq du corps électoral d'une province et valider la fraude grotesque visible par tous, y compris les délégués de l'UE. Elle a fermé les yeux, sinon incité, les ignobles massacres des populations civiles qui se trouvaient à moins de deux kilomètres de leur base militaire. Ce pays a freiné des quatre fers toutes les initiatives de l'opposition et de la société  civile du peuple gabonais à l'ONU, à l'UA, à l'UE, à la CPI etc. Qu'a t-elle dit de la mise en place d'une constitution inique qui consacre la monarchisation du Gabon? Ou encore d'un découpage électoral du pays qui consacre les victoires de son système corrompu à chaque scrutin ? Le silence coupable du marionnettiste en dit long sur ses intentions.

Le Gabon et son peuple ne sont pas la propriété de la France. Le territoire gabonais n'est pas une sous préfecture française et ses citoyens ne sont ni des sujets ni des citoyens français.

Le Gabon est NOTRE pays ce n'est pas une propriété de la France et de la françafrique.

Devant ces attaques multiformes et ces arrangements d'arrière boutique qui n'ont pour buts que de nous nier notre souveraineté nationale et notre indépendance «nos amis» sont plutôt nos ennemis, car des amis réels nous auraient accompagnés vers la liberté en respectant nos choix régaliens plutôt que vers le maintien d'un système d'esclavage séculier.

Naturellement, j'exprime toute ma fierté à la relecture de toutes mes réactions et celles d'autres patriotes contre les actions de la France contre notre pays. Ce qui n'est que la réponse du berger à la bergère.

La réserve que beaucoup de gabonais ont observé jusqu'à ce nouvel épisode, a donné à penser chez nos amis, que les gabonais naviguaient sans repères et sans conscience, sans direction crédible, et qu'ils laisseraient dépérir sans la moindre action leur pays le Gabon.

Nos "amis" pouvaient en conséquence croire qu'ils pouvaient reduire notre  choix electoral à l'extrême limite de leur volonté au-delà de la décence qu'impose un choix démocratique d'un peuple pour ses dirigeants.

Les gabonais élus aux plus hautes responsabilités depuis 1993 sont  infantilisés à souhait, les leaders sortis des urnes sont ballotés à l'envie et insultés sur toutes les plateformes médiatiques françaises pilotées en sous main par la françafrique. Tous ça pour servir une politique qui nie aux gabonais leurs droits les plus élémentaires.

Face à tous ces dénis des droits de notre peuple et des leçons forcément tirées de l'échec national dont nos "amis" doivent répondre pour avoir installé, protégé et pérennisé un système criminel à la tête de notre pays, il fallait opposer les acquis et la constance politique, de notre volonté, de notre détermination, de notre lutte pour l'indépendance réelle et pour une souveraineté sans failles.

Ce choix est le mien et je suis prêt à en assumer seul les conséquences.

Entre amis on se respecte. je ne peux pas continuer à accepter ce type de comportement irrévérencieux, à plusieurs reprises, de ceux qui se prétendent être nos amis mais qui travaillent à nous maintenir dans la misère, la maladie, la faim, le sous développement, la tyrannie d'un régime stalinien.

Le peuple gabonais vaincra

Jean Ndouanis

vendredi 26 octobre 2018

Quid de la crise postélectorale de 2016 ?

Quid de la crise postélectorale de 2016 ?

La crise née du holdup électoral de 2016 ne pourrait être terminée tant que les assassinats de masse et les différentes privations de libertés, les préjudices physiques, économiques et moraux  ne seront pas résolus. Monsieur Ali Bongo Ondimba continu son challenge dans des actes compromettant la démocratie tout en faisant obstacle à la recherche d'une solution politique à la crise gabonaise. Il s'agit notamment d'actes de violence, de répression ou d'incitation à la violence, ainsi que d'actes constituant des atteintes graves aux droits de l'homme,  les mesures restrictives et de privation de liberté prises à l'encontre des membres de l’opposition sont la parfaite illustration de son opposition à toute solution politique inclusive.

Les dernières élections ont démontrés une fois de plus qu’il n’est pas possible de concourir à une élection libre et transparente avec un régime qui a pour crédo «  On ne peut  pas organiser des élections pour les perdre ».Toutes les manigances ont été observées. Celles-ci, en parfaite violation de la loi électorale qui, pourtant, a été édictée par le régime lui-même. Ces violations graves sont des intimidations, de l’achat des électeurs, de l’arrestation et de l’emprisonnement des candidats de l’opposition, des menaces et interdictions de pénétrer sur le territoire de leurs circonscriptions électorales pour y battre campagne, la confiscation des médias publics, des moyens de l’Etat et de l’administration publique au seul bénéfice des partisans du pouvoir, des votes multiples, du transport des électeurs vers l’intérieur du pays pour voter pour des électeurs fictifs préalablement inscrits sur les listes électorales, etc. Par ailleurs le dispositif institutionnel et législatif mis en place pour gérer les élections a totalement été verrouillé pour que le régime gagne à tous les coups et que les plaignants, au risque d’enrichir un peu plus les tenants du système, doivent renoncer à leurs droits d’ester en justice.

Ces élections, couvertes d’oripeaux démocratiques, n’avaient rien de juste et de transparent. Par ailleurs la très forte abstention des gabonaises et des gabonais démontre que le système a été boudé et que ces élections qui donnent un pouvoir absolu au régime est impopulaire.
L'absence de progrès en ce qui concerne la résolution de la crise postélectorale et ses conséquences, la situation des droits humains qui nuit à toute initiative de réconciliation, de paix et de justice, la persistance d’exécutions extrajudiciaires, d'arrestations et séquestrations arbitraires mettent le Gabon dans une situation instable qui pourrait s’aggraver et provoquer un conflit grave.

Depuis le début de la crise au Gabon, l'Union et Solidarité a affirmé que seul un dialogue débouchant sur un consensus, dans le respect des obligations internationales  pour la paix, la réconciliation et l’indemnisation des victimes, notamment les résolutions du parlement européen et les recommandations du MOE au Gabon qui reprennent les propositions de l’agenda de sortie de crise du parti Union et Solidarité permettra de trouver une solution politique durable dans l'intérêt de la sécurité et la démocratie pour tous les gabonais.

A cet égard l’'US, prenant corps avec son principe de la force des arguments plutôt que l’argument de la force, a appelé à plusieurs reprises toutes les parties prenantes à s'abstenir de tout acte de violence et à les condamner, pour établir un climat de sereinité et de securité. 
Malgré cela, on constate un manque de progrès chez les tenants du régime dans la recherche d'une solution politique à la crise au Gabon et le risque d'escalade de la violence.
Ceci est la raison pour laquelle L’US estime qu'il est approprié d'imposer des mesures restrictives individuelles, à tous ceux qui s'inscrivent dans le blocage actuel.

Il est temps que la communauté internationale applique des sanctions individuelles contre des personnes concernées par des actes qui font obstacle à la recherche d’une solution négociée au Gabon.
Jean Ndouanis
Vice Président Union & Solidarite

dimanche 16 septembre 2018

Tortures au Gabon : Le chef suprême des armées Bongo Ondimba Ali et son chef d'état major général le général d'opérette Bibaye Itandas auteurs des crimes imprescriptibles sont poursuivables en Belgique

Le general Bibaye Itandas et ses acolytes qui pratiquent la torture encourent l'emprisonnement s'ils passent par la Belgique et si une plainte est déposée contre eux. voila ce que dit le droit  national belge et international.

La prévention et la répression de la torture font l'objet de nombreuses réglementations tant au niveau national en Belgique qu'international.

En droit international, cette matière fait l'objet d'une convention particulière, à savoir la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (1), laquelle a été approuvée par la loi belge du 9 juin 1999 (2).

En Belgique, c'est la loi du 14 juin 2002 qui a introduit dans le Code pénal l'incrimination de la torture à l'article 417 bis et 417 ter3.
La torture y est définie comme tout traitement inhumain délibéré qui provoque une douleur aiguë ou de très graves et cruelles souffrances, physiques ou mentales (4).

La torture implique donc des souffrances aigües. Ces dernières peuvent être de deux types : physiques ou mentales. Le législateur a en effet voulu tenir compte des méthodes de torture actuelles, lesquelles s'orientent de plus en plus vers certaines formes de traitement influant sur l'équilibre psychique de l'individu, sans pour autant consister en des atteintes directes à l'intégrité physique (5).

L'acte doit avoir provoqué chez la victime une douleur aigüe ou de très graves et cruelles souffrances. L'infraction de torture se distingue en effet de celle de traitement inhumain et de traitement dégradant par le degré d'intensité des souffrances infligées. La torture constitue donc une forme aggravée de traitement inhumain(6).

La loi n'exige par contre pas que les souffrances aient été infligées de façon prolongées. En effet, la Cour de cassation a considéré qu'en incriminant la torture, l'article 417 bis, 1° du Code pénal ne subordonne pas le caractère punissable des faits à leur multiplicité ni à leur prolongation dans le temps et que la loi sanctionne de manière autonome des faits de violence caractérisés par la gravité de l'acte en tant qu'ils traduisent un mépris tout particulier de l'individu et par l'intensité des souffrances intentionnellement infligées à la victime (7).

La torture se distingue donc non seulement par l'intensité des souffrances mais également par la gravité de l'acte en ce qu'il exprime un mépris tout particulier pour l'individu8. La qualité de l'auteur des actes est quant à elle sans incidence sur l'existence de l'infraction (9).

La torture est une infraction délibérée, elle requiert donc un dol général, c'est-dire le fait d'agir de façon consciente et volontaire. La qualification d'actes de « torture » n'implique par contre pas que celle-ci ait été utilisée à des fins précises (10).

L'article 417 ter du Code pénal prévoit que l'infraction de torture est punie de dix à quinze ans de réclusion et prévoit, en son alinéa 2, un système d'aggravation de la peine allant de quinze à vingt ans de réclusion en fonction de différentes circonstances aggravantes tenant soit à l'auteur ou à la victime des faits, soit aux conséquences de l'acte incriminé.

Les circonstances aggravantes prévues limitativement à l'article 417 ter sont les suivantes : l'auteur des faits est un fonctionnaire public, un dépositaire ou un agent de la force publique agissant à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ; la qualité de victime la rend particulièrement vulnérable ; la victime est mineure ; l'acte a causé une maladie incurable, une incapacité physique ou psychique, la perte d'un organe ou de son usage ainsi qu'une mutilation grave (11).

Toutefois, les actes de torture seront punis de vingt ans à trente ans de réclusion, s'ils ont été commis par les père, mère, autres ascendants ou toute personne ayant autorité sur lui ou en ayant la garde, ou toute personne majeure qui cohabite occasionnellement ou habituellement avec la victime, sur des mineurs ou envers une personne qui, en raison de son état physique ou mental, n'était pas à même de pourvoir à son entretien ou lorsque la torture aura entraîné la mort (12).
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Reférences
1. Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée le 10 décembre 1984.
2. Loi du 9 juin 1999 portant assentiment à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée à New York le 10 décembre 1984.
3. Loi du 14 juin 2002 de mise en conformité du droit belge avec la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée à New York le 10 décembre 1984.
4. Article 417 bis, 1° du Code pénal.
5. Doc. Parl., Ch. repr., sess. ord., 200-2001, n°1387/1, p. 9.
6. M.-A. Beernaert et Cie, Les infractions. Volume 2 (les infractions contre les personnes), Larcier, Bruxelles, 2010, p.469.
7. Cass., 4 février 2009, J.T., 2009, p. 181.
8. Doc. Parl., Ch. repr., sess. ord., 200-2001, n°1387/1, p. 10.
9. Bruxelles, 27 mai 2008, arrêt n°681, inédit.
10. D. Chichoyan, « Torture » in Postal Mémorialis. Lexique du droit pénal et des lois spéciales , Kluwer, Waterloo, 2012, p. T105/11.
11. Article 417 ter §2 du Code pénal.
12. Article 417 ter §3 du Code pénal.

Disparus des tueries postes élections août 2016: le recel de cadavres, Bibaye Itendas, chef d'état-major des armées du tyran est directement lié.

Bibaye Itandas peut être poursuivi en Belgique pour le recel de cadavre selon la legislation belge.

Le recel de cadavre est un délit réprimé par l’article 340 du Code pénal, lequel prévoit qu’est punissable « quiconque aura recelé ou fait receler, caché ou fait cacher le cadavre d’une personne homicidée ou morte des suites de coups ou blessures ».
Ce qui est le cas de ce général chef d'etat major général du commandement supprême des forces du régime de Bongo Ondimba Ali.

Cette infraction mérite d’être incriminée, principalement parce qu’elle garantit au meurtrier une impunité, en soustrayant la preuve principale du crime ou du délit à l’attention des autorités (1).
L’incrimination du recel de cadavre vise, en effet, notamment à éviter que les traces d’un meurtre ne soient effacées (2).
L’article 340 du Code pénal prévoit que la personne reconnue coupable du délit de recel de cadavre est punissable d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de 50 à 600 euros 3, montants à multiplier par les décimes additionnels
4.L’amende accompagnant la peine d’emprisonnement est obligatoire et, partant, doit être nécessairement prononcée par le juge
5.Dans la mesure où il ne s’agit pas d’un crime, l’auteur du recel sera en principe poursuivi devant le Tribunal correctionnel
6, sauf en cas de contraventionnalisation de ce délit
7.Les éléments constitutifs de l’infraction consistent dans le fait de receler ou de cacher le cadavre d’une personne décédée à la suite d’un crime ou d’un délit.
Le Code pénal érige ainsi en infraction le fait de receler ou de cacher. A cet égard, sont visés tous les moyens ayant pour effet de soustraire le cadavre d’une personne à la connaissance de la justice (8).
Il en va notamment de l’inhumation clandestine d’une personne décédée ou du simple fait de ne pas déclarer le décès d’une personne (9),
Alors même qu’il existe des présomptions que son décès a une origine criminelle ou a été causée par des violences (10).
Il n’est pas requis que le délit de recel de cadavre ait un caractère définitif, c’est-à-dire que le recel pourrait être retenu comme chef d’infraction dans le chef du receleur, alors même que le corps de la personne recelée serait nécessairement retrouvé par les autorités à un moment donné. Seul importe donc le fait que l’acte posé entraine un retard dans la découverte et l’identification du cadavre  (11).
Précisions en outre que l’existence d’une infraction est nécessaire pour que puisse exister le recel de cadavre. Toutefois, le type d’infraction importe peu. Il peut ainsi s’agir d’un homicide volontaire ou involontaire (causé à la suite de négligences), d’un assassinat ou encore de coups et blessures ayant entraîné la mort (12).
De plus, la personne recelée doit avoir été homicidée ou morte des suites de violences.  Se pose, à cet égard, la question de savoir si le cadavre d’un fœtus est visé ou non par l’article 340 du Code pénal. L’utilisation du terme « personne » exclut du champ d’application de l’article le recel d’un fœtus expulsé à la suite d’un avortement. En revanche, tombe sous le champ d’application de la disposition le recel d’un nouveau-né, mort des suites d’un infanticide ou à la suite d’un défaut de prévoyance ou de précaution de la part de sa mère ou d’un médecin (13).
Outre les éléments matériels ci-dessus, il faut, mais suffit, que le receleur sache, au moment des faits, que le corps appartenait à une personne homicidée ou morte suite à des coups et blessures (14).
La connaissance de la cause du décès se déduit généralement des traces laissées sur le corps de la victime, telles que des coups ou des blessures apparentes, de manière telle qu'elles auraient dû attirer l’attention de l’auteur du recel (15).
L’intention de détourner le corps de l’attention des autorités et, partant, de faire obstacle à l’administration de la justice n’est donc pas requise dans le chef du receleur (16). 
_______________
Reférences
1. J. Nypels, Législation criminelle, t. II, Bruxelles, Bruylant, 1870, p. 776.
2. J.C., « La protection de l’être humain post mortem », note sous Cass., 5 décembre 2003, Rev. dr. pén. crim., 2004, p. 1063.
3. Article 2 de la loi du 26 juin 2000 relative à l’introduction de l’euro dans la législation concernant les matières visées à l’article 78 de la Constitution, M.B., 29 juillet 2000, p. 26213.
4. Article 1er de la loi du 5 mars 1952 relative aux décimes additionnels sur les amendes pénales, M.B., 3 avril 1952, p. 2606.
5. M. Giacometti, « Le recel de malfaiteurs ou le recel de cadavre », in Les infractions. Vol. 5 – Les infractions contre l’ordre public, Bruxelles, Larcier, 2013, p. 664 ; Voy. à cet égard le libellé de l’article 340 du Code de pénal, et plus précisément l’utilisation de la conjonction de coordination « et ».
6. Article 179 du Code d’instruction criminelle.
7. Articles 4 et 5 de la loi du 4 octobre 1867 sur les circonstances atténuantes, M.B., 5 octobre 1867, p. 5505.
8. M. Giacometti, « Le recel de malfaiteurs ou le recel de cadavre », in Les infractions. Vol. 5 – Les infractions contre l’ordre public, Bruxelles, Larcier, 2013, p. 662.
9. A. De Nauw, Initiation au droit pénal spécial, Malines, Kluwer, 2008, p. 181.
10. J.-G. Locré, La législation civile, commerciale et criminelle de la France, t. XXX, Paris, Treullel et Würtz, 1832, p. 488.
11. A. Marchal et J.-P. Jaspar, Traité théorique et pratique de droit criminel, 3e éd., t. III, Bruxelles, Larcier, 1982, p. 256.
12. J. Nypels et J. Servais, Le Code pénal belge interprété, t. II, Bruxelles, Bruylant, 1896, p. 394 ; X. Labbée, Condition juridique du corps humain avant la naissance et après la mort, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2012, p. 233.
13. J. Constant, Manuel de droit pénal, vol. 2, t. I, Liège, Imprimerie des Invalides, 1965, p. 494.
14. M. Rigaux et P.-E. Trousse, Les crimes et délits du Code pénal, t. V, Bruxelles, Bruylant, 1968, p. 69.
15. A. Marchal et J.-P. Jaspar, Traité théorique et pratique de droit criminel, 3e éd., t. III, Bruxelles, Larcier, 1982, p. 259.
16. M. Giacometti, « Le recel de malfaiteurs ou le recel de cadavre », in Les infractions. Vol. 5 – Les infractions contre l’ordre public, Bruxelles, Larcier, 2013, p. 663.

mardi 12 décembre 2017

Lettre ouverte de la diaspora gabonaise à Emmanuel Macron

Lettre ouverte de la diaspora gabonaise à Emmanuel Macron
l'info réelle 7J/7 - Diaspora gabonaise le Lundi 11 Décembre 2017 à 09:43

La diaspora gabonaise dénonce la présence de M.Ali Bongo au Sommet pour le climat

Monsieur le Président de la République, 

Ce 12 décembre prochain, la France, à votre initiative, accueille le sommet international « Finance et climat » (One Planet Summit) dans le but de mobiliser la finance mondiale dans la lutte contre le réchauffement climatique. Plusieurs dizaines de chefs d’Etat étrangers participeront à cet événement majeur, notamment celui du Gabon, M.Ali Bongo Ondimba. 

Nous, peuple Gabonais, nous insurgeons contre la participation scandaleuse de M. Ali Bongo Ondimba à ce sommet. 

M. Ali Bongo Ondimba occupe la fonction de chef d’Etat de manière illégitime : la communauté internationale le sait, vous le savez. En effet, après un premier coup d’Etat en 2009 l‘ayant fait succéder à son père, Omar Bongo resté au pouvoir 42 ans, il n’a pas hésité à truquer l’élection présidentielle d’août 2016 comme le prouvent, entre autres, les rapports des missions d’observation électorale dépêchées à cette occasion par l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE) et l’Orrganisation internationale de la Francophonie (OIF). De plus, dans le cadre de ce coup d’Etat électoral, M.Ali Bongo Ondimba s’est livré à des massacres et à des violations massives des droits humains. 

L’un des épisodes les plus tragiques est l’attaque à l’arme lourde du quartier général du véritable vainqueur de l’élection présidentielle, M. Jean Ping, durant toute la nuit du 31 août au 1er septembre, occasionnant de nombreux morts et blessés dont le seul tort était de contester le coup d’Etat électoral en cours. Aujourd’hui encore, de nombreuses familles continuent de rechercher les corps de leurs disparus. Face à cette situation, le Parlement européen a par deux fois, en février et septembre de cette année, dénoncé cette forfaiture électorale et la gravité de ces crimes et exigé une enquête internationale à ce sujet. Une procédure est également en cours à la Cour Pénale iinernationale. 

La résolution du Parlement européen du 14 septembre dernier appelle spécifiquement la France à prendre ses responsabilités dans la grave crise que traverse le Gabon. La France de l’ancien monde, avec laquelle vous avez à plusieurs reprises manifesté votre volonté de prendre des distances, est intervenue à diverses reprises, y compris militairement, pour installer ou maintenir les dictateurs de ce pays contre la volonté du peuple. La France du nouveau monde que vous prétendez incarner doit se tenir aux côtés de ce peuple. 

C’est le sens de la déclaration faite en avril dernier par le candidat Emmanuel Macron peu avant son élection : « Si je suis élu, je défendrai le respect des principes démocratiques fondamentaux partout en Afrique ». Vous le Président de la France du nouveau monde ne peut trahir la parole de l’ancien candidat. Vous ne pouvez refuser devant le Parlement européen et devant le peuple gabonais d’assumer la responsabilité qui incombe à la France. 

La lutte contre le changement climatique est sans aucun doute le défi majeur que nous devons tous affronter. Mais elle ne peut pas se faire au détriment des peuples ni en fermant les yeux sur les atteintes à la démocratie et aux droits humains. 

« Notre politique européenne ne doit plus voir l’Afrique comme un voisin menaçant mais comme le partenaire stratégique avec lequel nous avons à affronter les défis de demain : l’emploi de la jeunesse, la mobilité, la lutte contre le changement climatique, les révolutions technologiques ». Cette exhortation de votre discours sur l’ Europe du 26 septembre dernier est évidemment juste. A condition de ne pas oublier que ces « défis de demain » ne pourront être relevés que dans un environnement réellement démocratique. 

La présence de M.Ali Bongo Ondimba au sommet pour le climat du 12 décembre constitue une grave offense faite aux victimes de la crise post-électorale que vivent les Gabonais depuis plus d’un an ainsi qu’un soutien à une dictature qui n’a de cesse de réprimer son peuple, de confisquer ses libertés fondamentales et de l’enfoncer dans une misère de plus en plus profonde en se livrant notamment à un détournement massif de ses richesses. 

L’appui au régime gabonais actuel est donc une catastrophe aussi bien pour la France et l’Europe que pour les Gabonais. Cela ne manquera pas d’alimenter la désespérance de populations qui pourraient perdre confiance en une certaine communauté internationale et en ses postures sur la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, avec le risque réel qu’une frange de la population décide d’opter massivement pour la migration, préférentiellement vers la France, et qu’une autre devienne sensible à certaines idéologies et certains discours violents qui déstabilisent déjà des régions entières en Afrique, en Europe et ailleurs. 

Aussi, nous vous engageons à écouter la colère et les aspirations à la justice du peuple gabonais avant qu’il ne soit trop tard ainsi qu’à respecter et faire respecter ses choix démocratiques comme la résolution du 14 septembre dernier du Parlement européen exhorte la France à le faire. 

Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à notre profond respect. 

Le Peuple Gabonais en lutte contre la dictature, pour la démocratie et la justice

Gabon, une junte militaire en costume cravate


Gabon, une junte militaire en costume cravate

11 décembre 2017 

Malgré le multipartisme qui existe au Gabon depuis 1990, le pays est devenu une dictature militaire sous la férule de son président, Ali Bongo, présent à Paris depuis ce lundi 11 décembre pour la conférence climat organisée par la France.

Malgré la conférence de la Baule qui s’était tenue en 1989 sous la présidence de François Mitterrand et où la transition vers la démocratie en Afrique avait été actée, Omar Bongo, le père de l’actuel président Ali, avait été catégorique.: « Moi je vous le dis et je vous le confirme le multipartisme au Gabon Zéro ! Tant que je serai là il n’en aura pas ». Et pourtant Omar Bongo fut bien obligé face à la pression de la rue gabonaise d’organiser une conférence nationale non souveraine qui consacra de fait le retour au multipartisme au Gabon. Le règne du parti unique prit fin qui avait duré vingt deux ans, mais au cours duquel se tenaient des « élections » qui voyaient Omar Bongo, candidat unique, « réélu » régulièrement. En 1973 alors qu’il avait obtenu 110% des suffrages, Omar Bongo s’emportait devant un de ses conseillers « Là, je te dis, ils m’énervent vraiment, ils me mettent trop de pour cent… ».
 Naissance de la junte
Les élections présidentielles qui eurent lieu le 5 Décembre 1993 fontplace au multipartisme. Alors que son principal opposant Paul Mba Abessole, était largement en tête et que le dépouillement n’était pas encore terminé notamment dans la province de l’estuaire où se trouve Libreville la capitale, Bongo se déclara vainqueur avec 51% de voix. Ce, malgré l’opposition de la gouverneure de la province de l’Estuaire Pauline Nyingone également présidente de la Commission provinciale de dépouillement des résultats de l’estuaire qui déclara aux médias : « Au moment où la Commission de l’Estuaire est en train de dépouiller les résultats en présence des représentants de la majorité et de l’opposition, le ministre de l’Intérieur annonce des résultats. De quels résultats s’agit-il ? Où les a-t-il puisés ? Nous n’avons pas encore transmis nos résultats, car nous sommes en plein dépouillement ».
Rien n’y fit. Bongo déploya l’armée sur tout le territoire, le couvre-feu fut vite instauré, les médias de l’opposition détruits, le QG de son principal opposant Paul Mba Abessole qui s’est déclaré président, a formé un gouvernement et même nommé des préfets est attaqué le tout avec des morts à la clé.
Un premier putsch
L’ambassadeur des Etats unis au Gabon de 1990 à 1993, Joseph Wilson IV, raconte dans ses mémoires (Politics of truth) qu’il avait jugé le putsch électoral trop grossier pour que la cour constitutionnelle du Gabon dirigée par Marie Madeleine Mbonrantsuo le valide, c’était mal la connaitre ! L’élection de Bongo est confirmée mais la rue continue de gronder. Le Mardi 22 Février 1994, un autre média de l’opposition « radio télé Liberté » est détruit, des émeutes éclatent. On dénombre des morts y compris dans les rangs de l’armée qui met « le paquet » pour éviter « une congolisation du Gabon ». Les manifestations se poursuivent malgré le déploiement de l’armée et le mercredi 23 Février 1994, le domicile de Paul Mba Abessole également appelé « siloé » est attaqué par l’armée et le principal opposant d’Omar Bongo se réfugie à l’ambassade des Etats Unis.
Au secours de Bongo
C’est alors que se tient selon Joseph Wilson IV à Sao Tomé une « réunion de crise » secrète avec comme participants l’ambassadeur du Portugal, l’ambassadeur des Etats-Unis, Louis Dominici, ambassadeur de France et Paul Mba Abessole. Au cours de cette réunion, message délivré par l’ambassadeur de France est on ne peut plus clair : La France soutiendra Bongo jusqu’à la fin quoi qu’il en coute et Mba Abessole ferait bien de se « ressaisir » surtout qu’alliés stratégiques la France et les Etats unis ne se battraient pas pour le Gabon et que l’ambassadeur des Etats Unis ne pourrait pas éternellement le protéger… Des propos à peine voilés de menaces, qui révoltèrent l’ambassadeur du Portugal et en vint presqu’aux mains avec l’ambassadeur de France. De retour à Libreville, Paul Mba Abessole est « refilé » à l’ambassadeur d’Allemagne…acculé il se résout à négocier à Paris et des accords éponymes seront signés avec le régime qui promet des réformes mais qui reste en place avec Omar Bongo à sa tête.
L’armée, pilier du « système Bongo »
En 1998 mais surtout en 2005 l’armée est utilisée pour rétablir l’ordre à chaque fois que la protestation gronde. Le 21 mars 2006, alors que Pierre Mamboundou contestait toujours l’élection d’Omar Bongo à 79% des voix, l’assaut du siège de son parti, l’Union du Peuple Gabonais est donné le 24 Mars 2006, près de 2000 éléments de l’armée y prennent part. Pierre Mamboundou réussit à s’échapper, exfiltré par le conseiller militaire de l’ambassade des Etats unis et se réfugie à l’ambassade d’Afrique du Sud. L’armée se justifie par la voix de son ministre de la défense Ali Bongo qui affirme lors d’une conférence presse avec André Mba Obame ministre de l’intérieur, que Pierre Mamboundou détenait des armes et menaçait gravement la sécurité nationale ! Pierre Mamboundou passe près d’un mois à l’ambassade d’Afrique du Sud au Gabon et on lui propose un choix simple : quitter le pays ou aller dialoguer avec Omar Bongo. Mamboundou choisi le dialogue et décide de rencontrer Omar Bongo qui présente cela comme une grande preuve de sa légendaire « sagesse ».
Une junte dynastique !
En Juin 2009, Omar Bongo meurt, la présidente du Sénat le remplace, Ali Bongo son fils également ministre de la défense reste en place, il devra démissionner face à de nombreuses protestations. L’élection à lieu le 30 aout 2009, alors que de nombreux leaders politiques attendent devant le siège de la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP) les résultats des élections, l’armée donne l’assaut et les disperse violement. Pierre Mamboundou qui avait pourtant accepter de dialoguer avec « Omar » est blessé par balle. Dans la foulée Ali Bongo est proclamé élu, la rue s’embrase surtout à Port Gentil, où l’armée réprime sans ménagement, combien y a-t-il de morts ? Nul ne le sait. On parle de fosses communes dans la banlieue de Port Gentil mais également de vols de la mort (Comme en Amérique latine) de nombreux malheureux contestataires sont jetés par hélicoptères militaires dans l’océan atlantique…
A noter que la nuit de l’annonce de sa « victoire », Ali Bongo s’est rendu « au palais rénovation » pour rassurer la Garde Républicaine et la remercier pour son indéfectible soutien, alors que normalement il n’était pas encore président et ne pouvait donc pas encore s’adresser à la troupe… Quelques jours après Ali Bongo est confirmé par la Cour Constitutionnelle. Pendant ce temps l’armée toujours aux ordres traque ce qui reste de « résistants » réels et supposés y compris dans ses propres rangs. « Le nouveau patron » reconnaissant décidera de choyer un peu plus « ses éléments ».
Aout 2016, l’armée derrière Ali Bongo
En Aout 2016, tous ceux qui avaient encore des doutes sur la nature réelle du régime gabonais n’ont plus aucune raison d’en avoir. Le pouvoir gabonais n’est ni plus ni moins qu’une junte militaire dirigé par un civil qui n’hésite pas à porter un uniforme militaire avec une casquette sur laquelle se trouvent 5 étoiles ! Ali Bongo en uniforme de général, l’opinion est à peine surprise. En Aout 2016 donc, l’armée gabonaise participe activement à la campagne de « son patron » Ali Bongo avec un rôle précis pour chaque corps (https://mondafrique.com/larmee-campagne-dali-bongo/), la base aérienne de la Garde Républicaine ( le groupement aérien présidentiel) s’occupe de la réception et de l’acheminement du matériel de campagne d’Ali Bongo, le génie militaire colle les affiches, les forces de défenses se retrouvent pour le meeting de lancement campagne du candidat-Président acheminés dans les camions de l’armée ! Et gare à ceux qui ne viennent pas !
Le 27 Aout 2016, le scrutin se tient et il faut attendre 4 jours pour avoir les résultats du Haut Ogooué, où Ali Bongo est déclaré élu à 95% des voix avec un taux de participation record de 99, 9%. Des gabonais mécontents descendent dans la rue, l’armée bien décidée à protéger le pouvoir de son « patron » les attends fermement.
La Sanglante répression de l’été 2016
Dès le commencement des émeutes, la répression est sanglante. L’assemblée nationale est incendiée bien avant l’arrivée des manifestants selon de nombreux témoins oculaires, ce pour légitimer le déferlement de violence de la part des hommes en armes. La méthode vient d’un certain Adolf Hitler qui avait en son temps mis feu au Reichstag pour obtenir « la loi habilitante ». Dans la nuit, la Garde Républicaine qui n’est nullement qualifié ni habilité à le faire au regard des lois du Gabon (pour peu qu’elles existent !) donne l’assaut du QG de Jean Ping, appuyé par des hélicoptères et selon certains témoignages notamment celui Chantal Myboto des voitures de l’escorte présidentielle étaient présentes parmi les véhicules des assaillants, Ali Bongo a-t-il assisté en personne à l’assaut du QG de son adversaire politique ? Une chose est sûre des voitures de son escorte étaient bien là. L’assaut est d’une rare violence et – fait nouveau – il est filmé. De nombreuses personnes sont abattues, plusieurs à ce jour portés disparues. Dans la capitale, de véritables « caravanes de la mort » font des victimes en se livrant à de véritables « safaris humains » quelques images existent. Quant aux morgues, elles sont très vite interdites d’accès par les forces de sécurité aux familles des victimes et aux médias qui ont quand même eu l’occasion de filmer des gabonais abattus par balles dont certains portaient encore des tee-shirts à l’effigie de Jean Ping. Malgré le tollé et l’indignation la machine répressive continue, froide, implacable, bien décidé à maintenir son « général » au pouvoir. Après une année et malgré les critiques et les réserves émises sur la sincérité du scrutin par l’Union Européenne, malgré les nombreuses preuves de personnes exécutés sommairement, les innombrables témoignages de tortures, malgré l’enquête de la CPI, Ali Bongo, faux président de la République mais vrai chef de la junte gabonaise, putschiste confirmé, véritable phénix sanglant a marqué son retour sur la scène internationale qui commençait à lui manquer sérieusement grâce à la préservation l’environnement. Ali Bongo sera chaleureusement accueilli au one planet summit qui s’ouvre à Paris ce 12 Décembre comme acteur majeur de la préservation de l’environnement aux côtés de « leaders internationaux et citoyens engagés pour la planète ». Tant qu’il dit préserver des arbres, on ne cherche pas à de savoir si la main d’Ali Bongo qu’on va serrer en arborant un large sourire devant les objectifs est souillée par le sang de plusieurs êtres humains qui n’avait commis d’autre crime que celui de vouloir défendre leur vote.

vendredi 8 décembre 2017

Ali Bongo Ondimba : Du serpent au Singe fou!

Livre à paraitre: "Ali Bongo Ondimba,
du serpent au SINGE FOU"
Son règne est de huit ans mais sa famille putative règne depuis un demi siècle sur le Gabon. Via le népotisme de son père adoptif il s'est autoproclamé roi. Il est l’ami de la Francafrique, et de tous les dictateurs du monde. 
«Roi du Gabon», il symbolise pour nombre d’Occidentaux et d’Africains l’incompétence personnifiée. Mais en plus de ses apparences avenantes et débonnaires se dissimulent le jardin secret du tortionnaire, l’ombre des complots et des prisonniers, des tortures et des disparus, des assassinats, des crimes rituels, de la misère.
Frappé de son gourou béninois et d’une clique de courtisans non moins criminels, Il règne, maître de tous et de chacun, brisant par la répression, pourrissant par la corruption, truquant par la fraude, courbant par la peur. S’il n’a pas inventé le pouvoir absolu, son  génie aura été de  l’habiller des oripeaux démocratiques propres à tromper ceux des naïfs qui l’entourent. Sa «démocratie » connaît une moyenne de trois coups d’Etat électoraux, mais surtout une torture organisée à l’endroit de tous ceux qui ne pensent pas comme lui. La peur est l’armature de son système. Comme l’enfer, il a ses cercles. Chaque opposant, quelle que soit l’horreur de son sort, peut être assuré qu’un autre en a connu pire.
Qui est-il si ce n’est un singe fou qui passe le plus clair de son temps à singer les grands dirigeants du monde entier? Cherchant la meilleur place sur la photo, dormant pendant des grands sommets, achetant aux frais du contribuable gabonais exsangue des somptueuses demeures, violant les droits les plus élémentaires des gabonais, il est assurément le singe fou. Comment est-il venu au pouvoir ? Comment règne-t-il ? Pourquoi la France ferme-t-elle les yeux ? Qui défait l’opposition gabonaise ? Comment défait-il cette opposition ? Que peut-on  espérer du petit dictateur équatorial ?
 
Une villa de l'emergence à Franceville
à côté du palais d'Ali Bongo-Ondimba Photo JP Rougou
La Francafrique peut-elle encore retirer son pion de l'arène politique gabonaise ? Comment a-t-elle essayé de préserver ses acquis en fabriquant des opposants ? L'alternance politique au Gabon passe-t-elle nécessairement et forcément par les lambris dorés des salons feutrés de l'establishment français ? Ali Bongo Ondimba est-il toujours aussi important aujourd'hui à la  France, à l'heure de l'Union Européenne et de la mondialisation ?
 
Quels sont les limiers et les thuriféraires  qui accompagnent et conseillent l'autocrate de la "République des coquins" dans ses sombres desseins ? Qui sont ces bipèdes responsables de la chaotique actuelle situation du Gabon ?
 
Celui qui incarne l'odieux système est un homme à part, qui au nom des principes d’une époque révolue, a volontairement enfermé le peuple gabonais dans un carcan que ce troisième millénaire ne pourra découvrir. Chacun d’entre nous a au moins le pouvoir de refuser l’indifférence. Je trouve donc important de dévoiler la face cachée d’un règne ensanglanté, entre modernité  galvaudée et barbarie rétrograde.
 
Le livre que j’écris en ce moment et que je vous conseille de lire et de faire lire s’intitule : «Ali Bongo Ondimba : Du serpent au Singe fou»
 
Fable du pouvoir et de ses vanités, portrait d’un  adulescent qui n’a jamais grandi. Oui, drame d’un terrible récit où la perdition d’un malade mental assoiffé de gloriole politique rejoint les souffrances d’un peuple : le peuple gabonais.
 
Libreville: un vaste bidon-ville
Si vous choisissez de vous faire lire ce livre, qu’on vous le fasse d’une voix basse, confidentielle, presque monocorde, dans votre réserve, craignant les représailles. Mais le meilleur moyen d’apprécier ce récit, est de le lire vous-même, pour ajouter à votre conviction, l’attachement à l’alternance politique au Gabon. Pour ma part, j’ai choisi  mon parti : je l’écrit au pis-aller, sans dessein préconçu, en sachant que je n'ai aucune raison de prétendre avoir échappé à une loi naturelle qui fait d'une œuvre, surtout littéraire, le reflet de son esprit  géniteur.
 
Jean NDOUANIS