samedi 20 avril 2013

Les Sociétés mystico-secrètes et les allégeances occultes,

 J'ai l’ambition de faire de ce blog un blog sérieux qui ne verse pas dans l’extraordinaire ni la fantasmagorie. Je veux être lucide lorsque je raconte les faits réels même si ceux-ci sont invraisemblables. Je me garde de dévoiler les noms des personnes qui m'ont rapporté ces faits car étant encore vivant et au cœur même du système Bongo, ils risquent leur vie. Je loue leur courage pour la contribution qu'ils apportent aux gabonais libres pour l'édification d'une société de justice, de vérité et démocratie. Malgré tout ce que l'on peut dire à la décharge du régime des Bongo-ondimba sur son implication dans les crimes rituels, les faits sont têtus et désignent toujours les mêmes commanditaires: les barons du régime des Bongo-PDG.

 Un fait indéniable est que le régime des Bongo est bâtit sur le principe d'allégeance au grand maitre mystico-politique Omar Bongo. Le pilier essentiel du système Bongo réside dans l’affiliation aux écoles mystiques. L’homme lui-même était affilié à plusieurs loges dont les philosophies et les pratiques sont divergentes, où l’éloignement géographique entre les différents lieux d’exercices importe peu. D’où l’absurdité qui caractérise les adhésions intempestives de "ceux qui veulent vivres riches vite" dans les écoles de mystère qui existent à travers la planète. Naturellement, il nous sera impossible de démontrer avec exactitude l’utilisation opportuniste qu'Omar Bongo et aujourd'hui son fils adoptif font de ces loges, mais il est tout aussi vrai de porter à votre attention la logique du sacrifice ou d’effacement de toute forme d’opposition. Tradition pratiquée et acceptée par tous les membres de ces mystérieuses écoles. Vous lui pardonnerez peut-être l’extravagance et le caractère pernicieux des actes mystiques des Bongo, mais certainement pas la barbarie des crimes rituels qui y sont pratiqués au détriment des familles.

Omar Bongo Ondimba, Grand Maitre de la FM: "Tu n'es pas avec nous, tu es contre nous", pour avoir accès à un quelconque poste de responsabilité dans l'administration, l'allégeance aux sociétés secrétes était obligatoire sous le père et est encore de rigueur sous le fils malgré les diplômes et les compétences du postulant.
 La caractéristique des loges maçonniques et autres sociétés secrètes au Gabon est le travestissement de la symbolique par des rituels sataniques et anthropophagiques et dont les conséquences sont les multiples homicides pour prélèvement d’organes humains à des fins rituels ou de trafic. . L’interprétation de la symbolique, de la connaissance ou des savoirs maçonniques, est transformé et traduit dans une logique initiatique traditionnelle alliant les sectes rituelles tribales aux différentes composantes du christianisme et autres sectes sataniques (voir vidéo ci dessous).
En fait, il n’y a pas interprétation mais application directe. Une interprétation suppose un déchiffrage, une traduction fidèle du message contenu dans la symbolique pour pouvoir en tirer des enseignements qui feront avancer la société, qui dans son ensemble, n’est pas encore prête pour recevoir des savoirs ésotériques et mystiques. Or les sociétés mystiques au Gabon se gardent d’une quelconque interprétation. Leurs membres sont obnubilés par deux choses : le pouvoir et l’argent. Ils cherchent à savoir comment faire pour les conserver.

Dés lors tous les écrits qui traitent des moyens mystiques pour y parvenir sont acquis et conservés religieusement. De même l’affiliation à toutes les écoles mystiques de la planète devient la règle d’or. Des voyages sont entrepris en Inde, au Tibet ou dans d’autres hauts lieux du mysticisme dans le monde pour avoir la capacité de détenir le pouvoir absolu qui permet d’être «impénétrable » par les balles, insensibles au poison ou se «blinder » contre tout coup d’état, tout en étant aimé par le peuple quels que soient les actes d’une malveillance sans borne que l’on puisse poser contre lui. Les écrits mystiques sont d’une rhétorique et d’une emphase qui ne sont pas accessibles au commun des mortels, particulièrement ceux qui sont peu instruits comme les Bongo.


Comment en effet s’étonner que, quand les écrits maçons louent la pureté d’une vierge, en faisant de ce sexe le centre du désir de l’homme et de la vie et que celui qui veut être désiré doit faire sien les attributs d’une vierge, un dictateur qui veut être aimé par son peuple, n’hésite pas à sacrifier une jeune fille vierge au cours d’une cérémonie rituelle pour manger ensuite ses parties génitales dans un plat préparé par des mains expertes d’un gourou ?

 Selon les aveux de certains repentis, Omar Bongo (et aujourd'hui son successeur) était le maître d’une "99éme loge" dénommée loge équatoriale. Les simples initiés de cette loge ne se doutent pas le moins du monde de ce qui se passe au sommet de leur hiérarchie. En ce qui concerne les "99éme loges", il y en aurait 99 disséminées dans le monde et chacune est composée de 99 membres. Chaque loge serait sous la domination d’un démon et chaque membre a un démon bien à lui. Le démon aide la personne à acquérir argent et puissance mais, en échange, l’âme de cette personne est tenue de servir le démon après sa mort. De plus chaque année, un membre est sacrifié au démon de la loge, en vertu de quoi, un nouveau membre est admis. Il existe une dérogation à cette mesure. En effet les personnes influentes ne sont sacrifiées que lorsque la maladie ou la vieillesse ne leur donne aucun espoir. Sinon ils choisissent à leur place un membre de leur famille ou une vierge enlevée dans les quartiers de Libreville. Les autres demandent souvent un certain nombre d’années de jouissances des richesses à l’issus desquelles ils acceptent de se faire sacrifier.

Ce qui fait que rarement le comité des 99 de la loge équatoriale est rarement renouvelé. Les membres de la 99émes loge dite loge équatoriale sont très influents et constituent le dernier cercle de pouvoir de la machine de Bongo, c’est les plus dangereux. Ils sont omniprésent dans l’économie, la finance, la politique, la justice et dans l’armée. Bongo l’a dit en 1970 pour construire son chemin de fer : «Je pactiserai avec le diable pour construire ce chemin de fer, Banque mondiale ou pas». Il a bien pactisé avec le diable, mais bien des années avant cette annonce. C’est peut-être un rituel satanique de dire publiquement que l’on pactise avec le diable pour tous ces initiés car c’est quasiment la règle d’or pour tous ceux qui sont subitement devenu riche ou en phase de le devenir au Gabon.
 C’est là résumé toute la dynamique des sociétés sécrètes au Gabon. Elles prospèrent parce qu’il y a un marché : les barons du régime Bongo sont tous, jeunes comme vieux, encrés dans un fétichisme maladif et meurtrier. Pour garder un poste, pour obtenir un poste juteux, ou pour avoir des avantages quelconques de la part de leur Dieu Bongo, les bongoïstes n’hésitent pas à franchir le pas qui ouvre la porte de l’horreur et des sacrifices d’humains, notamment des enfants.

Une initiation dans une loge 

 Un de nos informateurs nous raconte qu’un jour on l’appelle pour lui dire qu’il y a un nouveau membre à initier et comme sa propre initiation n’était pas terminée il fallait qu’il en fasse partie. Son parrain et lui, se conviennent d’un lieu et d’une heure pour la rencontre. Le parrain à l’heure convenue est là. Il lui met un bandeau aux yeux pour qu’il ne voit pas la route qui les conduit au lieu dit. Après une trentaine de minutes de route la voiture s’immobilise et on lui demande de descendre. Il sent qu’on le fait entrer dans une salle. Il descend des marches d’escalier. Puis quelqu’un lui dit «On te laisse seul, tu dois te déshabiller, quand tu aura fini, sans te déplacer, à ta gauche il y a une porte cogne dessus, et on viendra te chercher ».

Notre homme fait ce qu’ils lui disent sans enlever son bandeau qui l’empêche de voir. Il a cependant une peur et un doute : Il a peur d’enlever son bandeau pour ne pas voir ce qu’il ne faut pas voir avant que les maîtres n’en décident et il a un doute car il craint d’être sodomisé. Finalement il suit les instructions et se déshabille dés qu’il a terminé, il cogne à côté. Une voix qu’il croit reconnaître en celle d'Omar Bongo lui répond «Qui est tu ?» Il répond à la question d’usage tel que le parrain le lui a dit. On ouvre la porte et quelqu’un le conduit jusqu’à un endroit ou on lui demande de s’agenouiller. Puis vient ensuite une séance de questions - réponses qui dure environ une heure entre lui et une assemblée qu’il ne voit pas. Puis vient un long moment de silence (environs quinze minutes), ensuite c’est de nouveau de conciliabules entre les membres de l’assemblée.

Quand on lui demande de se mettre à califourchon, dans son cœur il se dit «ça y est, maintenant ils vont m’enculer ». Il attend donc patiemment, et tout résigné, le supplice, quand à sa grande surprise on lui verve de l’eau de la tête aux jambes. Après ce «baptême», il est tiré de sa torpeur et conduit dans une salle mitoyenne ou on lui demande de se coucher sur une sorte de dalle. Il a toujours son bandeau aux yeux. Une autre heure passe et on vient le chercher. S’ensuit une autre séance de questions brèves cette fois. Puis vient une autre séance de baptême. On lui fait boire de l’eau dans ce qu’il croit deviner comme une grande assiette creuse (en fait une grande coupe) et on lui demande en même temps de prêter un serment de fidélité absolue au maître suprême au rite et aux frères, de sacrifice et de mort en cas de parjure ou de trahison que le maître de cérémonie lui fait dire après lui. Il boit et mange donc des choses qu’il ne voit pas. A un moment le maître de cérémonie lui dit «nous allons enlever ton bandeau que feras-tu si tu vois en face toi ton pire ennemie ? », le parrain lui avait dit de répondre qu’il embrassera son pire ennemie et ils deviendront ainsi de frères de sang.
Après l’avoir enlevé le bandeau quelle ne fut pas sa surprise de constater que tous les barons du régime, Bongo en tête, étaient là. Sa surprise s’est transformé en horreur lorsqu’il a vu plongé dans un bassin les corps sans vie de deux petits corps d’enfants nus un garçon et une fille. Il a, tout de suite, deviné que l’eau, qu’on lui a versé, provenait de ce bassin contenant des corps d’enfants. Son horreur s’est transformé en stupéfaction ponctuée de hoquet lorsque, en s’approchant de l’autel ou on lui faisait manger des choses bizarres et boire un liquide tout aussi bizarre, il découvre deux appareils génitaux humains, visiblement ceux des enfants dans le bassin, et comble de l’horreur une entaille nette dans chacun des deux sexes montrait que l’on venait d’en prélever une partie de chaque : les deux qu’il venait d’ingurgiter avec peine. Il s’est carrément mis à vomir quand il s’est rendu compte que l’eau qu’il buvait tantôt était puisé dans un bac ou Bongo avait plongé ses pieds.

 Cet acte de dégoût à failli remettre en question son initiation tout en le mettant en danger de mort car jugé inapte. La médiation de son parrain, influent au demeurant dans la loge, lui a donné un sursit. Il a donc été convenu que lors de la prochaine initiation l’épreuve de la «communion de sang» sera reprise et il sera jugé sur son attitude. Inutile de dire que toute fuite pour lui était impossible car ses faits et gestes étaient épiés les jours et les semaines qui ont suivi l’initiation. Des agents étaient mandatés pour venir lui tirer des vers du nez afin qu’il se confie à quelqu’un et dans ce cas c’est le parjure et la trahison. Il n’avait pas d’autres choix que se soumettre de nouveau à l’épreuve.

Faisant bonne foi mauvaise fortune il a ravalé son dégoût et s’est conformé à la logique du rite. Il a eu une promotion fulgurante, des voitures, une maison comme cadeaux de bienvenu. Jusqu’au jour ou on lui demande d’aller chercher un colis dans la forêt classée de la Monda au camp d’entraînement des para commandos de la garde présidentielle. Là, il manque de s’évanouir en voyant des hommes à l’œuvre entrain d’enlever la peau sur le cadavre d’une femme. Un autre corps d’un sujet ouest africain est suspendu à un arbre totalement éviscéré. Il fait sa commission sans état d’âme et récupère la glacière contenant les parties humaines qu’il dépose chez son parrain. Cet homme, appelons le K, vit dans la peur. Malgré tout ce qu’il a pu obtenir, il sait qu’une dénonciation mensongère dans le milieu l’emmène directement à la mort. Il n’est pas libre de ses mouvements qui sont toujours épiés. Beaucoup d’autres personnes ont été assassinées pour les mêmes raisons.

 Njobi, Bwiti et allégeance politique 

 Omar Bongo était notoirement connu comme un membre à part entière du Ndjobi, rite mystico-religieux de sa province natale. Dans ce rite, il a acquis par usurpation, grâce à son pouvoir et à sa puissance financière le grade le plus élevé, cela lui confèrait beaucoup d’attributs au sein de sa communauté d’origine (Téké).

Il attirait dans ce rite beaucoup de personnalités de sa nomenclature. Les principes de ce rite sont nombreux et assurent entre autre le respect scrupuleux des grands en grade, la soumission aveugle au maître ou parrain, la mort en cas de non-respect de la parole donnée, la pérennité des accords conclus même après la mort des signataires… Ainsi, Bongo est le pivot actuel de ce rite en pays Teké, c’est-à-dire, pour les Tékés des deux Congo. A regarder dans ces méthodes d’asservissement et de domination, toute fidélité à l’égard de sa politique et de sa personne du dictateur doit être sous-tendue par l’adhésion (obligatoire) à un rite.

Naturellement, vous ne devez avoir qu’un grade inférieur au sien, car il faut que vous soyez sous son contrôle absolu. Ainsi, tous ceux qui ont dû obtenir un strapontin dans le microcosme politique se sont pliés à cette ignoble exigence. Ceux par contre qui ne s’alignent pas, sont systématiquement écartés de la nomenclature. C’est le cas des brillants cadres comme Ndouna Depenaud, Pierre Mamboundou et de bien d’autres, peu disposés à offrir leur propre femme et progéniture en droit de cuissage au Chef de l’Etat, comme a su le faire un célèbre fossile de la politique gabonaise, ainsi que la grande majorité des ministres et des grands dignitaires de l’Administration et de nos forces armées.…

Une pratique machiavélique, ignoble et malsaine. En tout cas pour les populations gabonaises, la filouterie a été découverte : « plus il y aura d’aigris, mieux le régime se portera ». Au diable !

 N’étant pas « bwitiste », Omar Bongo usait et abusait de cette école mystique gabonaise. Lors de la dernière élection présidentielle de décembre 1998 par exemple, il fit venir une quinzaine de chefs religieux bwitistes de la région de Mimongo (sud du Gabon) afin de recevoir une bénédiction par une préparation mystique pour affronter ses adversaires candidats. Mais, en lieu et place de la préparation mystique, ces chefs se concertèrent pour le « détruire », car ils n’acceptaient pas que l’individu qui les avait superbement ignorés et abandonnés depuis plus de trente ans, s’intéressât soudainement à leur sort pour exploiter leurs savoirs mystiques. Mais il a été battu dans les urnes par Pierre Mamboundou. Les chefs religieux sont rentrés chez eux les poches pleines, après un séjour douillet dans les hôtels les plus huppés de la place. L’intérêt tardif que Bongo a accordé au bwiti, peut s’expliquer par la recherche de l’originalité face à son prédécesseur Léon Mba, rosicrucien notoire.

 « Le dénominateur commun à tous les dictateurs à travers la terre est la naïveté » disait Sennen Adriamirado. En effet, Ali Bongo n’échappe pas à ce truisme. Il fait montre d’une naïveté telle qu’il ne croit pas un seul instant à la fin de son règne, ni de sa vie. Imbu donc de tous ces oripeaux mystico-religieux, l’individu se croît au-dessus de toutes les contingences humaines. Il pousse l’outrecuidance jusqu’à lier sa vie et la fin de son existence à celle du Gabon que son père a « créé ». Il ne croît donc pas à la mort, pensant même être le seul qui irait toujours déposer la germe de fleur sur la tombe du dernier gabonais. Cette implication et cette renaissance mystico-réligieuse l’ont transformé en quasi-extraterrestre. C’est cette logique de naïveté absolue que cultive l’individu. 

 Chaque rumeur de coup d’Etat, fondée ou pas, trouve une importance chez lui, et en lui conférant un caractère officiel, il cherche le soutien de l’opinion –même si cette opinion ne compte pas pour lui, se servant de cet arsenal mystique pour « démasquer » ses adversaires. Evidemment, une telle manœuvre est plus un règlement de compte qu’une réalité prouvée. C’est ainsi que des valeureux gabonais considérés comme potentiellement dangereux, tels Pierre Mamboundou, meurent dans des conditions mystérieuses. Ce n’est pas faute d’ouvrir les enquêtes lorsque ces illustres gabonais meurent. Mais, personne ne sait quand on les ferme. C’est le caractère ubuesque des enquêtes sur les crimes rituels et l’assassinat des hommes politiques au Gabon. Il faudrait peut-être commencer par juger la justice gabonaise elle même, car elle protège le système criminel intégré Bongo-Pdg qui protège des assassins.

lundi 25 février 2013

La gestion patrimoniale de l’administration, des richesses et des sociétés de l’Etat,



Boire l'eau sale des puits de fortune;
comme des chiens
Pour ce blog et l’ensemble des analystes, 90% de la population vie au dessous du seuil pauvreté. Ceci grâce à une dictature implacable de quarante cinq ans, un système criminel intégré miné par la corruption, le clientélisme, la terreur et les assassinats, une scolarisation au rabais, une jeunesse en déroute orientée désormais vers le grand banditisme et la prostitution. Une oligarchie insolente et orgueilleuse qui vit dans le luxe, la luxure et la débauche. Le Gabon passe pour être le plus grand consommateur de champagne par tête d’habitant au monde : Cent mille bouteilles de LP (pour ne citer que cette marque) vendues chaque année, pour un peu moins d’un million d’habitants. Ce n’est que 5% de la population qui peut s’offrir un tel luxe. Une bouteille coûte entre 50000 frs CFA et 275000 frs CFA, entre le salaire d’une ménagère et celui d’un cadre moyen. Tout au Gabon est prétexte pour sabler le champagne : on fête les anniversaires, les milliards détournés, les mariages etc.



                Il n’y a aucune justification morale, ni aucune circonstance atténuante à accorder au régime des Bongo et à ses complices pour justifier une telle destruction du pays. Il n’y a qu’a voir la part du budget consacrée au développement (tableau suivant leurs propres chiffres) on se rend compte que le développement n’a jamais été la préoccupation des Bongo et leur bande de dangereux prédateurs. Le budget de fonctionnement est lourd pour la seule raison que non seulement les oligarques du régime s’offrent des salaires faramineux mais ils ne se contentent pas d’un seul gros salaire. Le nombre minimum de gros salaires est de cinq en tenant compte des multiples cumuls de postes à hauts revenus. Un oligarque du système Bongo, qui est déjà payé en tant que haut dignitaire de l’Etat, a en plus sont salaire d’ancien ministre (s’il ne l’est plus), puis celui de Président du conseil d’administration d’une ou de plusieurs entreprises de l’Etat, à cela s’ajoute le salaire « politique » constitué par les énormes caisses noires dont la gestion leur incombe entièrement. Ce tableau est complété par la gestion patrimoniale du budget du département dont il a la charge.  Lorsque l’on multiplie ce chiffre par dix mille on retrouve 90% de la masse salariale de l’Etat. A cela il faut ajouter le traitement de ces barons. L’Etat loue pour eux leurs propres villas aux montants de loyer faramineux. L’Etat paye aussi leurs domestiques, leur carburant, leurs vêtements, leurs voitures. Leurs enfants sont inscrits aux frais de l’Etat dans des établissements en Europe et aux Etats Unis. Les immeubles, les bâtiments et maisons construites avec le budget de l’Etat sont rachetés au franc symbolique par les mêmes barons qui les font ensuite louer à l’Etat. Mais que dire des dépenses de prestiges, aussi inutile qu’inopportunes. Les barons du régime des Bongo en commençant par Ali Bongo, s’offrent des maisons, des immeubles, des hôtels particuliers, dans lesquels ils n’habitent pas des voitures de luxe dans lesquelles ils ne circulent pas. Tout ça pour satisfaire un égocentrisme qui n’a d’égale nulle part ailleurs dans le monde.

Une usine construite avec le budget de l’Etat devient en un rien de temps la propriété d’un baron. Dés qu’un terrain est attribué à l’Etat pour y construire un bâtiment public, Bongo s’empresse de mettre comme propriétaire un de ses nombreux portes noms ou un de ses complices. Dés que le bâtiment est construit, il revendique et obtient la propriété. Aujourd’hui, au Gabon il n’y a plus un seul bâtiment, un seul édifice qui est considéré comme propriété de l’Etat. Tous ont été rachetés au franc symbolique par la horde des criminels en col blanc du régime des Bongo. Il restait un seul bâtiment colonial anciennement occupé par l’Ambassade de l’ex Allemagne de l’est. Celui-ci a été restauré par l’Etat pour y loger les bureaux du médiateur de la République. L’ex-épouse officielle de Bongo Albert et toujours épouse officieuse Patience Dabany s’en est approprié. Cet hold-up digne d’une République bananière s’est fait sans même qu’elle en apporte la moindre preuve de propriété. Même le fameux franc symbolique de cet achat n’a été versé nulle part.
Pourtant on peut estimer que l’ensemble de ce type d’investissement est considéré comme des investissements de développement. Le tableau ci-après résume de façon non exhaustive la répartition des pompes à fric des sociétés de l'Etat entre membres du clan.
habiter dans des bicoques des bidons villes
Pour dire clairement, en détournant à leur profit l’argent public, en méprisant au-delà de toute décence l’intérêt général, de nombreux, sinon tous les Barons du régime de Bongo sont entièrement responsables de la misère dans laquelle croupit le million de gabonais. Point n’est besoin de citer des noms; ils se reconnaîtront et sont bien connus des populations gabonaises.  Et dire que sous d’autres cieux, on punit de prison et de honte, les coupables d’enrichissement illicite, au Gabon on fête dans le faste et le gaspillage les milliards détournés à l’Etat! Moussa Traoré, ancien Président malien n’aurait détourné du Trésor malien « que » …2 milliards de francs CFA, ce qui doit faire sourire les dirigeants bongoistes habitués à voler dix fois plus, comme ce ministre revendiquant avoir « toujours mangé dans des assiettes en porcelaine », pour faire penser qu’il est incapable de détournement.
Le mécanisme de détournement reste simple et d'une efficacité extraordinaire. Le Baron du pouvoir Bongo qui gère un budget de l'Etat, crée avec des associés fictifs (ce sont presque toujours des membres de sa famille) une société fictive spécialisée dans le domaine dés compétences des biens et services à fournir au département pour lequel il gère le budget. Par délit d’initier, il se fait attribuer tous les marchés juteux du département dont il a la charge. Il gonfle scandaleusement les factures des travaux, services et biens fournis. Dans certains cas (cas des bâtiments construits) on corrompt les services chargés de surveiller la conformité des travaux aux normes et exigences du cahier des charges ou ceux chargés de la livraison des bâtiments ou des routes. La conséquence c'est que l'on livre des soubassements à la place des bâtiments ou des pistes à la place des routes, des passages à gué à la place des ponts. Cette situation de détournement fait que le kilomètre de route bitumé au Gabon est le plus cher du monde. A cause de ces pratiques nous avons le chemin de fer le plus chère au monde par km/installé, le moins viable et l’un des plus rustiques. Le record le plus élevé d'éléphants blancs au monde appartient au Gabon. Les bâtiments construits et inachevés pour cause de détournement sont tellement nombreux que les SDF y ont élus domicile. Des usines construites mais qui ne sont pas opérationnelles car mal étudiées ou calibrées foisonnent au Gabon. Un réseau routier quasi inexistant, des bidonvilles à perte à vue. Des écoles surchargées avec une population globale dé moins de un million d'habitants. Certains pays dit pauvres qui ont dix fois la population gabonaise et ont des classes de vingt élèves au cours préparatoire le Gabon en a cent sinon plus. Des hôpitaux qui n'existent que de nom, des gens qui meurent dé faim tous les jours, que dire d'autre sinon que la corruption et les détournements orchestrés par les Bongo sont le fléau responsable numéro un de la misère du peuple gabonais.
La misère est peut être devenue
l'autre nom du gabonais

Le cas de Jean Boniface Assélé, est symptomatique à cet égard. Ce coquin s’enorgueillissait d’être le beau frère de la République … des coquins, Général d’une armée personnelle au service des intérêts de la famille, Commandant en Chef des forces de police nationale, Ministre des travaux publiques, Ancien Ministre de l’éducation national, Membre du bureau politique et du comité centrale du Parti Démocratique Gabonais, Président Directeur général de Razel Gabon (entreprise du domaine du BTP), Président du Conseil d’administration de la plus part des sociétés du BTP au Gabon, Président Fondateur du Lycée Djoué Dabany, (Conséquence du détournement des fonds affectés à l’origine à la construction du Lycée Technique qui porte le nom de son beau frère de Président dictateur), Président du pompeux Cercle des Libéraux Reformateur, un parti familial créé de toute pièce pour tromper ceux des ignares qui peuvent encore l’être. Actuellement, il a été nommé député du quatrième arrondissement aux nominations électorale et est député maire de la très déshonorable assemblée nationale des voleurs, des pédophiles, des criminels rituels et des assassins de la république des coquins. Nous ne mentionnerons pas ici les fonctions occultes occupées par cet homme dans le cadre des missions occultes mais il occupe toujours dans le gouvernement secret de Bongo les mêmes postes et a toujours les mêmes prérogatives. Mais un homme qui détient un tel pouvoir dans un pays ne peut qu’en abuser. Cet homme, Dieu merci qu’on lui reconnaisse encore cette qualité, n’a en tout et pour tout, bitumé que cent kilomètre de route, au demeurant déjà bitumés depuis Léon Mba : le fameux tronçon Libreville Kango. Et ceci malgré les sommes énormes d’argent dévolues à son Ministère. Il s’attribuait aisément tous les marchés d’Etat du BTP. Comme le service de contrôle des infrastructures livrées était son apanage et sa responsabilité. Personne n’allait contrôler le respect des contrats, ni les exigences des cahiers de charges (qui au demeurant était établi par ses services). Les travaux étaient réalisés par les sociétés dont cet homme avait le total contrôle. Ils étaient livrés à son Ministère. Le laboratoire de suivi et de contrôle de la conformité des travaux était sous sa tutelle, les ingénieurs et les fonctionnaires de ce service se sont d’ailleurs curieusement enrichis grâce aux juteux pots de vins. Qui pouvait parler à cet homme qui s’est constitué une nombreuse progéniture en s’imposant comme pédophile en chef au Gabon ? Toutes les gamines à sa portée passaient automatiquement sur son lit. Etant ministre de l’éducation nationale à l’époque, le vivier était énorme. Son grade de Général et sa fonction de commandant en Chef des forces de police nationale, étaient là pour dissuader les parents qui manifestaient leur désapprobation. Dés que cet homme jetait son dévolu sur une jeune fille le malheur s’abattait sur la famille. Même celles qui ont pu croire que c’était la porte ouverte à la richesse et au bonheur du fait d’avoir un enfant avec cet homme ont été profondément déçues. Après l’assouvissement du pédophile, elles ont été abandonnées. Elles ont raté leurs études : Au Gabon quand une jeune fille prend un enfant à l’âge de 12 ans ou 13 ans son avenir est fichu. Et c’est fut le triste sort des centaines voir des milliers de jeunes filles qui ont malencontreusement croisé le chemin de cet innommable personnage. Cet homme est non seulement un criminel en col blanc responsable de la mort de plusieurs centaines de gabonais, mais également un criminel tout court qui mérite la cour pénale internationale comme son neveu adoptif Ali Bongo.

aéroport de Port-gentil sous l'eau,
une conséquence de la corruption
Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Aucun membre de l’oligarchie bongolienne ne peut prétendre qu’à un moment ou à un autre il n’a pas abusé de son pouvoir pour violer des jeunes enfants parfois avec la complicité tacite des parents ou sous des menaces. Tous traînent derrière eux des casseroles. Dans le système Bongo, le sexe … des jeunes enfants est la règle, la corruption et les détournements constituent une loi dont la non observation et le nom respect sont des crimes graves.
                Tous les barons du régime, grosses fortunes par excellence, ne paient jamais d’impôts. Ceci est aussi valable pour toutes leurs sociétés fictives ou réelles. Ils ne paient d’ailleurs pas plus l’électricité, l’eau, le carburant, les voitures luxueuses ou les billets d’avions dont ils sont très friant. La conséquence c’est la faillite des sociétés d’Etat déjà mal gérées. Quant à la douane, tous ceux qui sont passés comme directeur général de cette administration sont devenus des grandes fortunes du pays. Des observations des analystes économiques des institutions de Bretton Woods, il ressort que plus de la moitié des droits à l’importation ne sont pas payés. C’est le principe du copinage de la république des coquins : Tout se négocie sous la table.
Société d’Etat  parapublique
Origine ou liens du bénéficiaire avec Bongo
Poste occupé
EauLéco
HO/  Parent
Pca, dg, dga
COMILOG
HO/parent
Pca, dg, dga
Office des postes et télécom
HO/ parent
dg
COMUF
HO/parent
Pca, dg
OPRAG
HO/fils
Pca, dg
SHELL Gabon
OM/ beau-frère
Dgd
ELF Gabon
Europe/complice
Pdg
PIZOLUB
HO/Oncle
pca
PIZO shell
Neveu de Bongo
Pca,dg
SGEPP
HO/frère de Bongo
dg
SOGARA
Membre du clan
Pca, dg, dga
Carrosseries Industrielles du Gabon
Rawiri
Pdg
Société Nationale Immobilière
Fils de Bongo
dg
Soc. Nationale du Bois du Gabon
HO/ Fils
dg
Office des chemins de fer
HO/membres
Pca, dg, dga
AgroGabon
Est/ maîtresse
pca
Agripog
OM/maîtresse
Pdg ; pca
SIAEB
HO/parent
Pca, dg
HEVEGAB
WN/membres
Pca, dg
SOMIMO
MO/Rawiri
pdg
SOSUHO
HO/parents
Dg, dga
SIGALI
HO/parent
Pca,
SOBRAGA
Europe/complices
Pdg, dg, dga
CFG
OM/ membre clan
Pdg, pca
Société d’énergie et d’eau du Gabon
HO/parent Bongo
dg
SOGADEL
Est/ maîtresse
pca, pdg

Légende : HO : haut-ogooué ; OM : Ogooué maritime ; WN : Woleu-ntem ; MO : Moyen Ogooué ; Est : Estuaire ; Pdg : président directeur généra ; Pca : président du conseil d’administration ; Dg : directeur général.
C’est un enchaînement pervers et mécanique, qui fait que la corruption est pour le Gabon, un paradoxal grand facteur de promotion socioprofessionnelle (Pierre PEAN en dit long dans son livre « L’Argent Noir »).(1)[1] . La misère est tellement répandue que la vertu a quitté l’esprit des plus vertueux des gabonais. Que peut faire un père de famille qui touche à peine 100.000 francs cfa, et qui à du mal à boucler ses fins du mois de fonctionnaire devant une offre de corruption alléchante, parfois plusieurs fois son salaire ? La misère et la corruption sont les deux mamelles de l’asservissement que le régime des Bongo utilise pour avilir les gabonais.

A ce jour, sans doute intimidés par les méthodes de répression barbares du régime des Bongo, ni les experts internationaux, ni les contrôleurs d’Etat ou même les audits internes (à la solde du pouvoir), personne de ceux-là n’a pu correctement évaluer la place qu’occupe les détournements comme rouages déterminants dans le marasme économique du Gabon. Bien au contraire, on use de l’audace pour nommer au grand jour et à meilleures responsabilités, ceux qui ont l’intelligence de faire comme le Chef ; sans doute en application d’un important slogan du PDG, parti des démons du Gabon «enrichissez-vous chers frères et sœurs, car le royaume des cieux est incertain ».
Cette attitude n’est pas étonnante dans un pays où les dirigeants font de la vertu, le dernier mot de la morale. La misère endémique du million de Gabonais n’est  pas due, comme l’on veut nous le faire croire de façon exclusive, aux aléas du marché international, ni même à l’impérialisme français. Pendant que dans d’autres Etats, toutes les énergies se mobilisent pour relever le défi du sous-développement, la « Bande à Bongo » du Gabon conduit le pays sans souci aucun de créer pour les populations un environnement humain. Le plus important pour eux  reste de continuer à accumuler des montagnes de dollars et d’euros hors du pays, dans des comptes numérotés en Suisse ou dans d’autres paradis fiscaux.

D’après de nombreuses sources convergentes, celui qu’un universitaire américain a appelé « le plus grand voleur des anales du crime », Albert-Bernard aurait confisqué depuis 1973 des milliards de dollars (en tout cas un chiffre supérieur à la dette extérieur du Gabon), obtenir les chiffres exacts relèverait de l’exploit, tant les comptes et les revenus sont nombreux : immeubles, sociétés écrans, automobiles, titres et droits de possession divers… !

Chacun peut alors imaginer les effets dévastateurs pour le peuple gabonais, d’un tel détournement. Il est donc indéniable que la gestion chaotique du régime des Bongo, a perverti et ruiné pour longtemps tout esprit d’entreprise (pourquoi faire des efforts quand les combines sont reines et que les revenus profitent exclusivement à Bongo et à ses amis ?). Cela se manifeste par le fait que certains villageois du Haut-ogooué, province natale de Bongo, émargent au budget de l’Etat et touchent des confortables mensualités sans être fonctionnaire ou employé. La redistribution des ressources de l’Etat est faite à l’endroit de certains et pas d’autres. Même dans sa province natale il existe des injustices. Certains coins et certaines ethnies sont sciemment oubliés par le fils du pays. Mais ceux-ci sont instrumentalisés quand Bongo leur dit que s’il perd le pouvoir les autres ethnies du Gabon, notamment les fangs et les bapounous ne feront pas de différence entre ceux qui ont profité et jouit du système et les autres dans la province. Ils n’ont que le seul choix de le soutenir quoi qu’il fasse. Alors ils se sentent piégés et pris entre deux feux.
               
                Cette gestion patrimoniale de l’Etat a fait naître chez 90% des gabonais un sentiment d’injustice totale. Injustice sur la répartition des énormes richesses du pays, injustice sur la répartition des structures économiques par province, injustice et inégalité dans les études et la répartition des bourses pour les études à l’étranger, injustices et inégalité devant les lois du pays, injustice et inégalité devant la maladie, injustice et inégalité dans le recrutement à la fonction publique ou dans les sociétés privées ou la lettre recommandée et le «coup de fils» menaçant sont légion. Il n’y a aucun secteur de la vie sociale, économique, politique, judiciaire qui ne soit frappé par l’hydre de l’inégalité et de l’injustice au Gabon. Ce sentiment d’injustice est d’autant plus accentué que tous les laissés pour compte de la république sont convaincu que les études, la compétence et l’intelligence ne servent à rien pour grimper dans l’échelle sociale. La notion d’effort et du travail comme valeur n’existe plus au Gabon. Pourquoi le faire quand c’est ceux qui ne font aucun effort que l’on récompense. Le malaise social trouve son origine essentiellement dans le fait que le système créer par Bongo ne répond en rien et de manière pertinente aux attentes du peuple gabonais. Qu’ont le veuille ou non, tout le monde ne peut pas être président de la république. Tout le monde ne peut pas être ministre ou directeur de société, mais tout le monde veut manger à sa faim, tout le monde veut être bien portant, tout le monde veut avoir une instruction qui lui permette d’avoir un travail décent. Cinquante trois ans après les euphoriques indépendances et quarante cinq de pouvoir des Bongo n’ont permis aux gabonais qu’à finalement se nourrir dans les décharges publiques du régime, se soigner avec des placebos, s’instruire dans le chaos. Voila toute la réussite du régime des Bongo : faire des gabonais des êtres légèrement au dessus des chiens, mais en tout cas au dessous des êtres humains.



[1]Pierre PEAN, Editions FAYARD, Septembre 1988